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Le blog de Fabien Lizé

Le blog de Fabien Lizé

Page ou j'échange sur mes goûts dans différents domaines (Musique, Théâtre, Littérature) et où je m'entretiens avec certains artistes.


YANN MORVAN : L'ENTRETIEN

Publié par moeb sur 11 Août 2011, 19:33pm

Catégories : #culture

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Alors voila...ce soir je vous propose un entretien avec Yann MORVAN, jeune réalisateur et animateur à la MJC Centre Social de Chilly-Mazarin (ville de l'essonne)...La photo ci dessus est un hommage à TATI, peint sur une des portes de la fameuse MJC.

 

Cet entretien a été réalisé sans trucages après une bonne pizza partagée le 1er juillet dernier...

Bonne lecture!

 

 

 

Tu te sens plutôt réalisateur ou acteur dans la façon que tu as de  faire des films ?

 

Il y a différentes étapes quand tu fais un film. Déjà il faut l’écrire, choisir le thème et là tu es plutôt acteur. Obligatoirement le thème que tu vas choisir tu vas le faire parce que le sujet te touche, te choque ou t’intéresse donc concrètement c’est plutôt une position d’acteur parce que tu te places par rapport à quelque chose qui se passe dans le monde que cela soit à coté de chez toi ou très très loin ou par rapport à des personnes, donc oui plutôt acteur !

Après une fois que le film est écrit ou que l’idée est lancée, tu es plutôt réalisateur parce que l’objectif est de donner la forme que tu souhaites au film et ce n’est pas toujours facile. Il s’agit que l’objet final soit le plus ressemblant en tout cas doit expliquer, exprimer ce que tu avais dans la tête au tout départ. Donc acteur dans le choix « quel film? » et réalisateur dans le fait de donner la forme à l’idée de départ.

 

Filmer les autres c’est quoi pour toi ?

 

Ça dépend qui tu filmes et du film ! Je dirais qu’il y a deux méthodes pour filmer. Si c’est un film qui est plutôt une commande ou plutôt un film pour créer une archive: d’un concert, d’un spectacle, d’un évènement…là je vais plutôt m’intéresser à faire le meilleur cadrage au niveau technique pour que le film puisse servir après et être vu et revu par toutes les personnes intéressées. Après si c’est un film plus personnel et disons qui me tient plus à cœur, avec des acteurs, c’est plutôt une espèce d’hommage rendu à la personne. Ce n’est pas une contrepartie! Je ne me vois pas voler l’image de quelqu’un contre un film. Je ne me sens pas responsable de l’image donner par la personne à ce moment là, quand la caméra prend l’image. Cela dit si c’est un film documentaire qui s’intéresse aux gens « vrais », j’aime bien capter une part de vérité de la personne de ce qu’elle est intrinsèquement. Voila, c’est ça pour moi, rendre hommage aux gens. Ce n’est pas s’intéresser qu’aux apparences, c’est ne pas faire semblant. Filmer les gens c’est donc rendre hommage aux personnes qui m’ont fait confiance en acceptant d’être vu par une caméra.

 

Ton déclic pour ton métier, c’était quand, c’était ou ?

 

Petit déjà je m’intéressai vraiment au cinéma. J’ai toujours eu envie de faire des films. La première fois que j’ai tenu une caméra, j’étais en échange universitaire à Boston ou je suis tombé sur deux français par un biais "abracadabrantesque" mais peu importe…dont un qui habitait Morangis, près de chez moi et qui fréquentait le même collège. On s’est donc retrouvés à 7000 bornes par hasards et ces deux mecs faisaient des petits films. Ils tournaient un film assez aberrant, de science fiction avec une citrouille. C’était juste au moment d’halloween. Dans ce film « dingue » il y avait une scène d’épées dans un garage avec l’homme citrouille.

Ils ne pouvaient pas tout tourner avec les épées à la main. J’ai donc tenu la caméra sans avoir spécialement appris. On a bossé toute la nuit ! J’ai eu tout de suite l’amour du cadre. Alors voila…le cadre ce n’est pas tout ce que tu mets dans l’image mais plutôt ce que tu n’y mets pas. Le cadre c’est des fois moins un choix de la réalité que tout ce qu’est la réalité mais que tu ne peux pas représenter à ce moment là.

 

Donc il y a eu ça et après quand j’étais bénévole, ici à la MJC Centre Social, le directeur adjoint m’a proposé de faire un film dans le cadre des rencontres du film social puisque la personne qui devait faire ce film ne pouvait pas. Cette proposition m’a été faite alors que je n’avais pas encore vraiment réalisé de films et là ça a été un vrai choix ! J’ai acheté une caméra et j’ai tenté le coup. Donc oui…plusieurs déclics.  

 

Tu préfères travailler dans l’urgence ou avoir le temps ?

 

Avoir vraiment du temps. Je préfère même quelquefois travailler bien avant que quelqu’un d’autre soit au courant du travail qui est fait. L’urgence parfois a du bon mais je n’aime pas « me rater » alors j’aime bien penser à tout avant de commencer.

 

            Qu’est ce qui t’inspire pour tes projets ?

 

Pompeusement je vais dire l’actualité, le monde qui m’entoure, les personnes que je rencontre…officieusement, ma place dans la société, mon positionnement par rapports à des valeurs qui sont plus faciles à avoir théoriquement que pratiquement.

 

            Généralement, qu’est ce que tu lis ?

 

Je ne suis pas un grand lecteur. Je lisais beaucoup quand j’étais petit. Aujourd’hui par manque de temps je commence plein de livres que je ne finis pas. En fait je suis plus l’homme d’un livre ou deux qu’un grand lecteur devant l’eternel. Par contre je lis beaucoup les journaux, les revues de cinéma, évidemment.

 

            Des acteurs ou des cinéastes de référence?

 

J’aime David Fincher et Brad Pitt pour Seven et Fight club.                                                           Quand j’avais 15 ou 16 ans. Cette compréhension de la société de l’époque me parlait beaucoup. J’aime aussi John Cassavetes pour son urgence, le non contrôle et la vie qui sort de ça. Almodovar aussi à partir de « Tout sur ma mère », les films d’avant un peu moins. Chez les comédiens j’aime bien Romain Duris. Il ya beaucoup de vie dans son jeu. J’aime aussi Jacques Audiard, un de mes films préféré est « De battre mon cœur s’est arrêté ». La place de l’homme (masculin) y est évoquée et c’est une question qui m’intéresse beaucoup, même dans la vie de tous les jours. Je crois que l’homme avec un petit « h » aurait tout à gagner à réfléchir plus largement à sa place dans la société. Woody Allen aussi, Jacques Gamblin et Florence Loiret Caille.

 

            Un film abouti, c’est quoi pour toi ?

 

J’ai encore jamais réussi à le faire…C’est un film dont le réalisateur et les équipes techniques peuvent se dire même après l’usure du temps, ce film et d’un tenant, il a une vie propre…mais c’est rare, ça doit être un chef d’œuvre ? En même temps ce qui est bien c’est que grands ou « petits » réalisateurs : Tout le monde le cherche !

 

            Pour toi l’image la plus belle dont u te souvienne c’est… ?

 

Y’en a plein…Une plus que les autres mais je n’ose pas la dire en fait…Bon bah je vais commencer par celle là quand même. L’image d’une femme pendant l’amour et sans transition ma fille qui sourit le matin. Sinon les images de Terence Malik dans « la ligne rouge » ou « tree of life »...mais même un simple coucher de soleil par la fenêtre de ma cuisine.c’est beau.

 

           

 

 

Ton rêve le plus fou ce serait… ?

 

Comme je ne suis pas Miss France je ne vais pas dire la paix dans le monde…Non moi ce serait de réaliser un film auquel je pense depuis des années et tiré d’un livre que j’adore mais dont je ne dirais pas le titre….

 

 

 

Petit rituel : Je demande comme à chaque fois à la personne que je questionne de le faire à son tour...Voici donc sa question et ma réponse.

 

            Quel serait l’endroit ou tu te sentirais le plus heureux ?

 

Plusieurs réponses à te donner…Quand j’étais gamin j’ai vécu des grands moments de plénitude en marchant au bord d’une plage devant un coucher de soleil…Espèce de sentiment de liberté totale…puis aussi.les bras d’une femme.

 

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