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Le blog de Fabien Lizé

Le blog de Fabien Lizé

Page ou j'échange sur mes goûts dans différents domaines (Musique, Théâtre, Littérature) et où je m'entretiens avec certains artistes.


SEBASTIEN PAINDESTRE : L'ENTRETIEN!

Publié par moeb sur 28 Mai 2011, 14:52pm

Catégories : #culture

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Pourquoi cette petite photo ? parce que c'est ce qu'écoute en ce moment Sébastien et que l'image vient de son portable dont il parait qu'il ne se sépare jamais...

 

 

J'ai donc rencontré Sebastien Paindestre, pianiste de jazz et compositeur, le mercredi 11/05/2011 dans un petit café près de la gare Saint lazare.  Voici ses "confidences"...

 

 

 

Comment naissent tes projets artistiques ?

 

Pour moi c’est vraiment une association d’idées, sans parler de la psychanalyse (sourire) mais c’est un peu ça! Ça part très subitement ! Je suis avec les musiciens on joue un truc puis ça reste dans ma tête.

Alors après ça peut mettre 1 an, 2 ans à se réaliser. Je ne travaille pas sur une boite à idées. Pour développer un projet, je me sers de mes envies, de mes idées et je mets en place des actions c’est ce qui me motive en fait.

Puis j’essaye d’aller au bout, même si l’idée de départ est simple. Personnellement j’ai monté 2 gros projets : Je voulais créer un trio et aussi jouer du Radiohead (1)

 

En tant que pianiste tu peux être leader ou accompagnateur. Qu’est ce qui t’intéresse dans ces 2 possibilités que t’offre ta pratique musicale ?

 

C’est vrai que c’est 2 choses différentes ! Quand tu es leader, tu as un poids au dessus de ta tête, tu dois gérer le coté humain. Par contre quand tu es sideman, tu t’investis également mais librement.

Pour ma part j’ai commencé sur un projet avec des potes. Je n’étais pas vraiment leader, j’étais plutôt accompagnateur. En même temps on me faisait comprendre qu’il fallait bien trouver un guide parce que, voila, on était plusieurs dans le même bateau. C’était il y a 15 ans, on montait un quartet.

Puis surtout à l’époque on ne m’appelait pas forcement pour jouer. C’est la que j’ai décidé d’appeler les autres. Aujourd’hui c’est différent, on m’appelle plus. Ça fait toujours plaisir quand on t’appelle (sourire). Mais maintenant quand c’est moi qui sollicite les autres pour travailler, ce que j’apprécie c’est qu’il s’installe une relation qui n’est pas que professionnelle.

En ce moment quand je suis accompagnateur, je ne suis pas simplement le sideman qui est là juste comme ça. J’apporte mes idées.

Donc parfois les 2 types de jeux se rejoignent sur le coté humain. Ce n’est pas toujours mon projet mais ça le devient en partie…dans l’implication.

Quand tu es leader tu proposes mais en même temps il faut laisser intervenir les autres.

Par ailleurs quand tu fais une tournée ou ce n’est pas toi le leader, tu te poses moins de questions, tes épaules sont moins lourdes en fait. Tu es moins fatigué quand tu rentres de tournée.

 

Tu as eu l’occasion d’enregistrer des compositions sur certains films muets du Grand Méliès. Comment as-tu travaillé le lien avec l’image ?

 

J’ai travaillé avec Lawrence Leherissey, tri ailleul du cinéaste qui fait vivre l’œuvre de l’artiste de puis 15 ans. Il avait besoin de ne pas tout faire tout seul, d’une ouverture, d’autres compositions.

Je l’ai rencontré par le biais d’un site internet et je connaissais bien l’œuvre de Méliès. Pour moi c’était donc assez drôle de travailler la dessus.

Le rapport entre la musique et l’image…En fait il a fallu que je m’intègre à un projet puisque lui, faisait déjà ça depuis 15 ans. Pour ce travail j’ai proposé des idées directement en improvisant directement sur l’image. Quand il y avait des idées de thèmes je les gardais en tête puis je les bossais très rapidement.

Ensuite le directeur artistique coordonnait tout cela et donnait son avis. Au final, on a eu quelque chose de concret, d’abouti.

Mais ce qui est intéressant pour moi si tu veux dans l’image, c’est que ça me donne vraiment des idées et qu’il y a vraiment des choses qui me viennent. Peut être que c’est le cas pour plein de gens d’ailleurs… L’image me donne des thèmes, des ambiances. Alors maintenant quand je prépare un disque je ne peux pas m’empêcher de penser à la musique de film.

Aujourd’hui quand j’écoute de la musique de film j’y suis très sensible. J’ai toujours envie de donner mon avis.

Je fais moins ça quand je vais voir un concert. En même temps je vais rarement voir des concerts.

Bref…pour en revenir au travail de Méliès j’ai bossé un peu près 1 mois et demi dessus.

Puis, l’enregistrement à la suite à été assez rapide. Ce travail est sorti en DVD et les ventes ont été assez bonnes puisqu’il y a eu environ 15000 copies vendues. Lawrence Leherissey a fait le tour du monde avec ce projet. Il souhaite sortir un deuxième DVD. Cela devrait se décider d’ici un mois ou deux.

 

Qu’est ce que tu aimes le plus dans ton métier ?

 

D’être mon libre arbitre, de ne pas avoir de patron. D’avoir une certaine liberté. Je peux aussi  être dans la contemplation quand j’en ai envie et c’est bien parcequ’à l’air Sarkozy, ça ne veux plus dire grand-chose.

En même temps je l’ai pas choisi, ça c’est imposé à moi parce que je ne savais pas faire autre chose, à part animateur en centre de loisir, ce qui est aussi un beau métier mais voila ça a été ça…

Il y a plein de passionnés qui ne vivent pas de leurs passions et vice versa. Certains vivent leurs passions comme de l’artisanat. Moi je ne me sens pas trop artisan. Ce qui m’intéresse c’est d’être sur scène. Quand je ne suis pas sur scène pendant un certain temps, je deviens fou, je pète les plombs.

Il faut que je m’exprime sur scène. J’ai senti ça dès le début.

Mon premier album s’appelait « écoutez-moi ». Oui j’ai des choses à dire, alors il faut que je le dise sinon ça ne va pas (sourire)

 

            Un album autour des musiques du groupe Radiohead par des musiciens de jazz…comment t’es venu l’idée ?

 

J’écoutais beaucoup les Beatles, particulièrement vers 24 ans. Alors j’ai essayé de jouer les Beatles en jazz pour voir ce que cela pouvait donner…mais ça ne fonctionnait pas. Puis 2 ou 3 ans plus tard j’ai découvert Radiohead, leur musique m’a fait le même effet. J’ai donc la aussi essayé des versions « jazz » et là ça a fonctionné. Je me suis dit que Radiohead c’était les standards de jazz de demain ! Parce que le jazz depuis toujours utilise d’autres musiques pour s’enrichir musicalement. Par exemple au départ les musiciens noirs reprenaient la musique des comédies musicales de Broadway ou des chansons populaires de « blancs ».

Radiohead, je considère ça comme de la musique populaire, voire universelle, comme du Bach ou du Mozart à un certain niveau. J’ai donc eu envie de travailler leur musique. Elle faisait partie de mon quotidien ! Il y a eu une période de ma vie ou je ne pouvais pas m’en passer.

Bref…c’est parti comme ça sur l’idée des standards possibles. Puis aussi parce qu’il y a un musicien qui fait ça depuis 1997, qui s’appelle Brad Meldhau (2). Il a repris des titres « pop » dans certains de ses albums. A l’époque certain musiciens de jazz disaient « oui j’aime la pop mais pourquoi jouer de la pop ? » Brad Meldhau a décomplexé toute cette génération de musiciens. Si Brad Meldhau n’avait pas repris des titres de Radiohead, je n’aurais surement pas fait l’album. Je dois lui rendre hommage.

L’idée était donc de s’exprimer à travers la musique de Radiohead sans que cela ne colle trop à l’original. Alors avec les musiciens on est allé vers le rock progressif. Puis nous nous sommes rapprochés d’un label « musea records » intéressé par ce type de musique.

Le prochain album que l’on va sortir avec l’Amnésiac quartet crées à l’occasion de ce travail ne plaira pas forcement aux fans de Radiohead mais notre but est de se servir de cette base pour y faire la musique de l’Amnésiac. Tout est prêt on a plus qu’à poser les micros pour enregistrer.

 

 

            Tes albums sont appréciés des critiques…ça change quelque chose pour toi ?

 

Bah déjà ça fait plaisir (sourire) mais bonne ou mauvaises, les critiques sont importantes pour moi. Je m’en sers. Par exemple il y a une composition que j’avais appelé la java de la luna et dont un journaliste disait que certains thème n’était pas assez développés, je l’ai retravaillé et j’ai écris une « java de la luna II ». En fait je prends ça comme quelque chose qui me fait avancer. C’est aussi une reconnaissance.

 

 

            La vie d’artiste, c’est ce que tu voulais ?

 

Je ne me considère pas comme un artiste comme on pouvait l’être dans les années 20 avec Elsa Triolet, Eric Satie…

Artiste, pour moi, il faut que ce soit avant tout un métier. Je n’ai pas vraiment fait d’études et à 15 ans je me disais déjà que la musique serait le truc qui me botterait le plus dans la vie. Ce qui est drôle c’est qu’un ami de la famille disait à l’époque à mes parents : « ne vous inquiétez pas s'il est passionné il se demerdera toujours ». Hors aujourd’hui, ironie du sort, cet homme me produit et c’est mon « tourneur ».

Oui si vraiment on a la foix et qu’on croit à sa bonne étoile, ça fini par le faire.

 

 

            Musicalement quelles sont tes grandes références ?

 

Brad Meldhau reste pour moi mon pain quotidien. Je crois même que j’aurais arrêté le jazz si je n’avais pas écouté Brad Meldhau. A un moment ou je me posais pas mal de questions en 1995-1997, l’entendre m’a soutenu. Il n’y a pas une semaine ou je ne l’écoute pas. Après plus largement j’écoute Herbie Hancock, forcement !

 

            Ton projet le plus fou ?

 

Bah en fait je suis déjà content de ce que je fais. Mais monter l’Amnésiac quartet était un grand projet ! Maintenant j’aimerais peut être inviter un des membres de Radiohead à venir nous rejoindre sur scène.

 

 

1) Radiohead : Groupe de rock alternatif anglais crée en 1992

2) Brad Meldhau : Pianiste américian né en 1970

 

 

 

A la fin de cet entretien, histoire d'inverser un peu les roles j'ai demandé à Sebastien de me poser une question.

 

Quand est ce que tu nous rejoins?

 

- Oups...Oui c'est vrai que musicien ou acteur sont des métiers que j'aurai peut être voulu exercer mais les choses se sont passées autrement. Je crois d'ailleurs que le projet des entretiens est lié au fait de vouloir garder un lien avec vos métiers. Le théâtre et la musique sont des vraies passions pour moi. La production aussi est quelque chose qui m'intéresse.

 

 

 

 

 PS : Pour en savoir plus sur Sebastien Paindestre cliquez sur www.jazzseb.com

 

Autre info : Il fête les 10 ans de son trio le 10 juin à Paris vers 21h00 au jazz club "autour de midi" 11, rue Lepic à Paris dans le 18 ème arrondissement. Venez nombreux!!!


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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lize 30/05/2011 17:28



c'est très bien et très intéressant



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