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Le blog de Fabien Lizé

Le blog de Fabien Lizé

Page ou j'échange sur mes goûts dans différents domaines (Musique, Théâtre, Littérature) et où je m'entretiens avec certains artistes.


MEDERIC COLLIGNON : L'ENTRETIEN

Publié par moeb sur 26 Août 2012, 21:27pm

Catégories : #culture

 

Bon ...Ecoutez d'abord ce petit extrait et vous comprendrez pourquoi Médéric est un artiste libre.

On se retrouve, juste après :-)

 

 

 

Je sais...Le morceau est troublant !!

 

J'ai donc rencontré Médéric Collignon mercredi dernier à Paris dans un petit café à la sortie du métro Laumière. Il était 18h30. Le musicien est arrivé avec une valise et une "boite" contenant son instrument. Il partait le soir pour Angers ou il jouait le lendemain.

 

Echange intense...ça commence maintenant!

 

Médéric, ton premier souvenir de concert c'était quand et où?

 

Mon premier souvenir de concert ce sera toujours, et pourtant j'essaye d'en avoir un autre, quand j'ai 10 ans. Je suis au théâtre de Charlevilles Mézières encore au conservatoire et j'ai dans les mains la responsabilité de chanter et narrer le texte de "la sorcière au balai", un truc très très connu pour les gosses. Donc tu as un choeur, un chef d'orchestre et une diva (elle me faisait flipper la diva) et les copains et copines qui se foutaient de moi parce que je m'étais habillé à l'envers. Au lieu d'avoir le pantalon noir et la chemise blanche j'ai la chemise noir et le pantalon blanc et je dis au directeur du conservatoire "est ce que je peux retourner chez moi me changer?". Il me réponds "non, non on a pas le temps". Je lui dit "bah c'est pas grave sinon je peux chanter sur les mains". Donc tu vois, ça partait mal (rires)

 

Quand tu étais gamin tu avais déjà envie de devenir musicien professionnel? 

 

 A 10 ans pas vraiment mais à 15 oui. Je commençais à fumer mes premières cigarettes, j'étais déjà un homme et donc j'ai décidé de faire de la musique. déjà j'arrangeai et dérangeai les choses et les gens. J'arrangeai Oilivier Messiaen. C'était interdit parce que c'était encore du temps de son vivant. Il fallait pas arranger et harmoniser les choses et tout et tout... Moi à l'époque je m'en fous je suis punk! Non, mais je suis un petit con donc j'arrange, et il se trouve que je me débrouille très très bien. Pour trompettes et percussions, j'ai encore les partitions. Y a du travail et ça sonne pas mal et là j'ai envie d'être musicien pour emmerder le monde. 

J'ai rien d'autre à faire à cette époque. Une bonne partie de ma vie  vient de passer.

15 ans c'est peu mais pour moi c'est déjà beaucoup.

20-35 ans tout le monde fait la gueule. 35-50 tout le monde fait la gueule.

0-15... énorme!! Enorme aussi parce que j'ai déjà vu des choses tristes me passer devant la gueule et que je n'ai pas du tout aimé ça. Je n'ai pas trouvé ça formidable alors je n'avais qu'une seule chose à faire c'était d'être heureux par mes propres moyens et faire sauter la ceinture mentale. J'avais envie de me casser et enfin entrer dans la vie par la belle porte lumineuse qu'est la musique.

J'ai été voir ma petite maman à 18 ans pour lui dire que j'arretais l'école, le conservatoire tout...Et elle m'a aidé et à 19 ans je suis arrivé à Nancy.                Voila pourquoi et comment je suis arrivé à la musique. A 20 ans je gagnais mes premières fiches de paye en étant prof, déjà. Dans l'école ou j'étais c'était un grand plaisir de se mettre à la discipline et je donnais des cours à des élèves souvent plus agés que moi, de 10 ans en moyenne. Ils se levaient le matin parfois à la masse à cause des pétards ou de la bière de la veille et on se disputait parce que je leur disais que c'était l'état qui leur payait les cours et que moi le plus jeune j'étais moins naze qu'eux et que j'étais déjà prof. Je faisais un peu mon cercle des poètes disparus (Rires). J'ai donc fini par me faire virer. Là aussi, ça partait mal!

Après j'ai fait de l'harmonie de l'arrangement dans le style jazz, jazz rock, ça commençait à plaire aux gens.

 

Tu as une formation classique...Que représentait pour toi Maurice André?

 

Ah Momo! Je l'appelle Momo c'est affectif. Bah il a représenté presque tout pour moi. Donc... il en reste encore. Il a  une place énorme dans mon coeur au regard de son parcours. Nos parcours  d'ailleurs se ressemblent. Nous sommes tous les deux de milieux modestes du Nord, moi un peu plus à l'Est. Mon prof le connaissait bien.C'est grace à lui que j'ai joué de cet instrument. Quand j'étais enfant je l'ai vu toute une soirée au grand échiquier. J'ai trouvé ça extraordinaire. Le duo avec Dizzy Gillespie c'était génial. Il y un respect des autres chez ces joueurs là. Maurice André est mort et les rapaces sont là. Maurice n'aimait pas l'argent, c'était un homme délicat et ceux qui lui rendent hommage aujourd'hui n'ont qu'une envie c'est  de se faire du fric. Momo c'est l'histoire et je trouve qu'il n'a pas été honoré comme il l'aurait du. On l' a plus fêter à l'étranger qu'en France. Le français devient médiocre avec l'art. Je suis un peu triste que Maurice ait été mis de coté à cause des médias. C'était un maitre.

 

Le cornet c'est ton instrument aujourd'hui. As tu eu envie de jouer d'un autre instrument à un moment donné?

 

Quand j'ai commencé à jouer de la trompette j'avais l'impression au fur et à mesure que mon oreille se transformait. Je me suis mis au cornet parce que c'était plus proche de la voix et que mon corps vibrait mieux. Je trouvais un rapport avec le corps beaucoup plus attrayant et plus délié qu'avec la trompette. Cet espèce de fier instrument ne me convenait pas. Je voulais quelque chose de plus puissant et de plus gras. J'aurai pu me concentrer sur le buggle un peu plus mais je crois que dans le futur je vais m'y mettre. J'aurai bien joué aussi d'un petit tuba ou des cors ou encore des instruments rares. J'aurai peut être bien joué également de la musique baroque. Par exemple un mélange de musique espagnol, arabe et occidentale de cette époque : j'aurai aimé ça!

Tu vois il y a des musicien que j'écoute tout le temps, Bach, Malher, Messiaen, Miles Davis, Don Chery, Art Farmer, Zawinul et ses groupes, Shorter, Armstrong, Chet Baker encore plus...Dolphy, Ornette Coleman...Avec eux je ne m'emmerde jamais. Coltrane pour moi c'est toujours pareil, comme Mozart. Sauf à la fin de sa vie avec le requiem la il y a une lumière qui me retourne totalement. Je pleure....A ce moment là on découvre l'homme qui n'a qu'une trentaine d'années.

 

Ton travail sur la voix dans ton parcours ça t'apporte quoi?

 

De l'argent, beaucoup d'argent....Non je déconne j'ai jamais été aussi pauvre qu'en ce moment. Pourquoi? Parce que je suis libre. Non la voix c'est le premier truc qui me traverse. Je peux être n'importe où, dans le désert, je sais que ma voix est là, elle me sauve. J'ai l'impression que c'est la plus belle des caresses, la plus belle des armes. Ma voix est ultra travaillée techniquement. J'ai une voix qui me suit dans la vie et qui change et qui se transforme.

Je pense que prochainement je vais faire des choses avec David Linx. J'aime ce mec! On s'est déjà retrouvé sur scène c'était le pied.

 

Composer pour toi c'est quoi?

 

Ah c'est une douleur. C'est chaud, c'est dur, c'est se foutre à poil, c'est se dépouiller, c'est se perdre. C'est du plaisir aussi dès l'instant ou ça marche et que les gens sont contents. Composer c'est également se faire plaisir par rapport à l'harmonie et à la nature des sons. ça vous chatouille l'âme aussi mais c'est souvent dans la douleur. En ce moment je fais plutôt des arrangements. Il faut repiquer avec les bonnes harmoniques. Mais je m'y remettrai pour un sextet. Mais ça risque d'être super dur, je vais faire chier ma chérie (rires)...C'est ça composer...c'est un peu emmerder les autres mais parfois le monde a besoin d'être secoué. Je trouve que la liberté est grignotée jour après jour. Alors peut être que composer, comme ça vient de tes tripes et que c'est mono sensuel, comme l'écriture, ça empêche ça? Tu te déplace pour avancer...Ah ça c'est con ce que je viens dire (rires) Fabien tu coupes s'il te plait (rires). Non mais c'est vrai pour se déplacer faut bouger.

 

Qui d'autre à part Miles Davis dans tes références ?

 

Il n'y a pas que Miles dans la vie alors j'aime bien des gens comme Clifford Brown, evidemment Chet Baker, Freddie Hubard (même si l'homme était un sacré con), je l'ai déjà dit aussi mais Don Cherry, j'écoute ça souvent.

 

Y a t'il un genre musical que tu n'aimes pas?

 

J'avais envie de te répondre, la Techno. Mais je l'ai utilisé dernièrement même si c'est un genre qui m'agace. Sinon non pas vraiment. En fait j'aime les mélanges et surtout la vérité dans le son.

 

Jouer c'est quoi pour toi?

 

C'est fermer ma gueule! c'est me montrer à nu devant les autres avec un groupe. C'est échanger sur scène. C'est du plaisir, c'est dire vraiment qui je suis. 

 

 

 

La comme à mon habitude j'échange les rôles et je demande à Médéric de me poser une question..

 

 

Crois tu que la musique peut sauver le monde?

 

Spontanément j'ai envie de te dire oui. Mais c'est un rêve je pense. J'ai souvent pensé que l'émotion transmise par la musique pouvait faire changer les gens "mauvais". Bien sur c'est faux je pense... mais j'y crois. En tout cas en ce qui me concerne la musqiue m'a aidé quand ça n'allait pas ou quand je doute. La musique dépasse le quotidien et en même temps elle est là tout le temps autour de nous.

 

 

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article

morel 10/09/2012 10:42


Je pense que la musique peu sauver le monde si si !! 


 

lize 29/08/2012 11:29


j'aime le chapitre "composer pour toi c'est quoi"

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