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Le blog de Fabien Lizé

Le blog de Fabien Lizé

Page ou j'échange sur mes goûts dans différents domaines (Musique, Théâtre, Littérature) et où je m'entretiens avec certains artistes.


MARINELLY VASLON : L'ENTRETIEN

Publié par le blog de Fabien Lize sur 23 Avril 2013, 20:11pm

Catégories : #culture

 Marinelly.jpeg

 

 

Marinelly VASLON joue dans les deux pièces dernièrement évoquées sur mon blog (Une sorte d’Alaska de Harold PINTER et l’Atelier de Jean Claude GRUMBERG). Je l’ai interrogé, entre ces deux pièces, parce que j’avais envie de continuer, en passant par elle, à me questionner sur le théâtre et à vous faire découvrir le métier de comédien.   Je crois aimer autant le théâtre que la musique ! Alors, voici mes quelques questions à Marinelly…

-Marinelly, quand vous avez décidé de devenir comédienne, cela a t’il été « entendu » simplement par vos proches, votre famille ?

-Oui j’ai été vraiment soutenue. Je dois dire que j’ai eu beaucoup de chance à ce niveau là. J’ai eu le soutien de mes parents, grands parents et la famille toute entière en fait. Mais au départ, ce projet de devenir comédienne me tenait tellement à cœur que je n’en ai pas parlé. Pas envie de le dévoiler. Pas envie que les gens me donnent des avis, me disent « tu vas y arriver… ». Surtout quand on est adolescente! Donc au début je n’ai rien dit ! J’ai fait mes études, j’ai préparé mon petit « plan b » pour assurer mes arrières. Puis une fois cela fait, je suis venu à Paris pour prendre des cours de théâtre. Mais c’est vrai qu’à part ma mère à qui j’en avais un tout petit peu parlé, les autres ont été un peu surpris quand même. Cela dit je n’ai pas eu à poser d’ultimatum (Rires)

-Pourquoi ce choix du théâtre?

-Alors… le théâtre je l’ai vraiment découvert à Paris en prenant mes cours. Le cinéma m’avait toujours attiré, c’est un domaine que je connaissais. Le théâtre je connaissais moins. J’avais vu quelques pièces que j’avais beaucoup aimé mais à ce moment là pas plus d’une dizaine. C’était avant de venir à Paris  Mais c’est en arrivant là que j’ai découvert d’avantage le théâtre. Les pièces que j’avais vu auparavant, c’était principalement dans le cadre de l’école. J’ai eu la chance d’avoir une prof passionnée qui nous a emmenés voir des pièces. Du coup le choix entre le théâtre et le cinéma je ne l’ai pas fait et je n’ai pas envie de le faire parce que pour l’instant j’ai fait 3 pièces et 3 tournages et non…pas envie de choisir (Rires)

-Bah je pense qu’il n’y a pas forcement de raisons de choisir s’il y a du plaisir dans les 2 domaines.

-C’est ça …Tant que je ne suis pas forcée de faire un choix, j’ai envie de faire les 2. Quant à mon choix de devenir comédienne, pour moi, c’était une évidence ! J’ai toujours voulu faire ça. Je me suis vu faire d’autres choses à d’autres moments mais ça j’étais sur que j’allais le faire. Il y a aussi la réalisation et la mise en scène qui m’attirent mais…

-J’aimerai savoir quel est votre plus beau souvenir en tant que spectatrice ?

-Ah oui…c’était une pièce incroyable jouée par une compagnie sud américaine. Colombienne, je crois mais je n’en suis pas sur. C’était "la Iliada", une version de l’Iliade, en espagnol surtitrée. La compagnie avait fait le choix de jouer les héros de façon assez tragique et classique mais d’interpréter les dieux de façon humaine. Très humaine en fait…habillés de manière contemporaine. Donc, des héros antiques en toges et des dieux proches de nous. C’était incroyable ! Il y avait dans cette pièce des messages sur, la guerre, le monde contemporain…C’était très beau, très fort. J’ai envie de retrouver le nom de cette compagnie !

-Qu’est ce qui vous guide quand vous jouez?

-Plusieurs choses. Le travail bien sur. Par exemple pour « Une sorte d’Alaska » (pièce d’Harold PINTER), il y a 1 an de travail, de réflexion…c’est ancré ! Alors parfois c’est tellement ancré que j’ai envie de changer des choses mais j’ai du mal justement à cause de cela. Après il y a des variations selon les phases de l’acteur et puis parfois selon les autres acteurs. On n’a pas la même chose tous les soirs et c’est vrai qu’il y a une certaine adaptation pour garder une unité entre nous. Oui Il y a ça qui se joue aussi mais sans même y réfléchir. Puis le rapport avec le public. Nous, sur scène on ressent énormément ce qui peut se passer dans la salle. En tant que spectatrice je l’oublie.

-C’est peut être aussi un des intérêts de ce métier !

-Oui il peut y avoir une vraie interaction. Quand on a un public qui a envie de rire ou qui est dans l’émotion ça change tout d’un soir à l’autre. C’est une sensation directe.        Je pense que le public ne réalise pas à quel point il est le 4ème acteur de la pièce.

-Oui c’est certain. Mais tous les acteurs à mon avis ne pensent pas comme ça.

-C’est vrai que les acteurs sont différents. Mais je crois que même quand on est vraiment dans un personnage il faut savoir garder tout de même une certaine distance. Sinon parfois on garderait les « traumas » de certains rôles. Mais c’est spontané, en tout cas pour moi. Sinon, se regarder jouer pourrait être dangereux. On se juge et là ce n’est pas bon…pas bon du tout (Rires). Par exemple dans la pièce de Pinter j’interviens au bout de 3 quart d’heure et avant je suis assise à regarder les autres alors il peut m’arriver de « m’échapper » mais dans ce cas je reviens vite pour garder la concentration (Rires)

-J’ai interrogé une amie conteuse dernièrement qui me disait que oui parfois elle pouvait sentir qu’elle se mettait à penser à sa liste de courses mais vite elle revenait sur le texte, le personnage, l’incarnation. J’imagine que ça fait partie de la technique de l’acteur.

-Oui exactement, c’est un travail, une technique que de garder son rôle.

-Qu’est ce que vous apporte la mise en scène dans votre métier de comédienne et inversement ?

-Le metteur en scène est un peu come un chef d’orchestre il  donne toute son unité et sa cohésion à la pièce. Après il y a différents metteurs en scène. Certains sont vraiment en relation avec leur acteurs ils prennent beaucoup les propositions de ceux-ci et d’autres qui ont une idée beaucoup plus arrêtée et vont au bout avec moins d’interactions avec les acteurs .Puis il y a des acteurs qui font beaucoup de propositions et d’autres qui n’en font pas du tout. J’ai fait une première mise en scène il y a maintenant 2 ans et effectivement certains acteurs me faisaient énormément de propositions et d’autres très peu, par contre ils intégraient et appliquaient ce que je leur demandais très rapidement. Avec Ulysse (Ulysse DI GREGORIO que j’ai interrogé également) par exemple je me suis vite rendu compte qu’il a son univers à lui et du coup des propositions qui auraient pu être valables avec quelqu’un d’autre ne fonctionnaient pas dans cet espace.

-Oui je suis d’accord, Ulysse à son univers propre !

-Du coup ma liberté de comédienne est arrivé autrement que par des propositions,  petit à petit, dans cette pièce. Mais pour moi il n’ ya pas de bon ou mauvais fonctionnement par rapport à ça.

-J’imagine juste que c’est enrichissant pour vous de travailler avec des gens et des       « méthodes » différentes.

-Oui ça fait partie de la beauté de ce métier.

-Pour construire votre jeu vous l’inscrivez plutôt dans une tradition ou est-ce plus spontané que cela?

-Ni l’un ni l’autre. Au cinéma on peut se permettre la spontanéité. Au théâtre quand on joue la même chose des dizaines et dizaines de fois la spontanéité peut parfois faire défaut (Rires) et en même temps quelque part elle est toujours là mais pas toujours au même moment, selon les soirs. On repioche certaines choses parfois. Quand je travaille avec les personnes qui comme moi ont fait les cours d’Eva Saint Paul c’est plus simple parce que l’on a une base de travail commune. La méthode d’Eva est un mélange des enseignements qu’elle a reçu puis transmis et nous on prend aussi dans sa méthode et on y ajoute notre expérience. En fait j’ai l’impression qu’au final on construit sa propre méthode. Mais une chose est sur c’est qu’au théâtre, il faut une vrai technique. Il faut apprendre à gérer pour pouvoir se servir de ses émotions et aussi les canaliser.

- Comment choisissez-vous vos projets artistiques?

-Pour l’instant j’ai la chance que des amis qui ont des beaux projets me les proposent et j’en suis ravie (Rires). Je n’ai pas d’agent donc cela se fait par rencontres. On a aussi monté une compagnie avec 50 comédiens et la aussi nous avons la chance d’avoir régulièrement 3 ou4 pièces qui tournent. La presse commence à parler de certaines pièces et j’en suis très heureuse. Mais je choisi des projets d’abord parce que j’y crois.

-Est-ce qu’il y a des difficultés pour vous dans ce métier?

-C’est une bonne question même si vous ne vouliez pas la poser. Les gens ont parfois l’impression que parce que l’on fait un métier qui « plait », il est normal, entre guillemets, de ne pas forcement être payé pour. Mais non ce n’est pas normal ! Quand on travaille 7 jours sur 7 pendants des mois d’affilés et que les heures ne sont pas payées et que l’on fait à la fois l’acteur, le metteur en scène, le machiniste, le décorateur  parce que derrières il faut des moyens; oui là il peut y avoir une difficulté. Le problème c’est la location des salles, quand nous sommes payés à la recette c'est-à-dire selon le nombre de spectateurs. A la fois cette histoire de location nous donne des possibilités de jouer mais il faut faire avec le calcul des heures et là c’est compliqué. On peut du coup jouer longtemps et avoir à peine de quoi se partager des cachets.       A notre petit niveau les répétitions ne sont généralement pas payées. Mais c’est aussi parce qu’il ya eu des abus avec les grosses productions qu’on en est là. Alors parfois on cumule des jobs. Donc les acteurs sont des Shivas en puissance (Rires).

-Oui du coup c’est bien de parler de ça

-Oui on a aussi un loyer à payer (Rires)

- Quel regard les gens portent sur vous quand vous dites que vous êtes comédienne?

-Plutôt bienveillant. Curieux. Ils veulent savoir dans quoi : cinéma, théâtre ?. Au début d’ailleurs j’avais du mal à dire que j’étais comédienne, aujourd’hui non, parce que  les projets sont là et que je joue régulièrement. C’est plus facile d’être pris au sérieux (Rires). C’est drole quand des amis me découvrent sur scène. Parfois aussi les gens me pensent beaucoup plus âgées. J’aime beaucoup me transformer sur scène.

-Sur quoi travaillez vous actuellement et y a-t-il un projet fou?

-En ce moment il y a donc la pièce de Jean Claude GRUMBERG, l’Atelier, dans laquelle je joue le rôle de Simone en alternance avec Marianne DUCHESNE et sur laquelle j’ai été assistante à la mise en scène. Puis il y a un autre projet fin juin qui est une comédie musicale et c’est un bonheur de jouer dedans. Puis après une autre pièce de GRUMBERG, « rêver peut être », puis un court métrage qui sera pour le début de l’automne.

J’aimerai, pour un projet fou, réaliser l’adaptation d’un livre mais c’est comme le fait d’être comédienne quand j’étais jeune…je n’en dévoilerai rien pour l’instant (Rires). Puis j’aimerai un jour jouer Lucrèce Borgia. Une femme de pouvoir à la fois touchante et monstrueuse. Un rêve à jouer…

Comme de coutume dans mes entretiens, j’inverse les rôles. Alors voici La question de Marinelly…

-Alors j’aimerai  savoir quel est le personnage de littérature ou de théâtre qui vous inspire le plus?

Petit temps de réflection de ma part

-Je répondrai en littérature, Meursault, le personnage principal de l’Etranger de Camus mais c’est aussi le thème que j’aime et au théâtre, le Roi Lear. Ce serait ces deux là dans des registres différents. J’aime les personnages assez forts et parfois sombres même si ce n’est pas ma personnalité. Ceux sont des personnages qui brassent beaucoup de sentiments.

 

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Jonathan 19/11/2014 15:13

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