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Le blog de Fabien Lizé

Le blog de Fabien Lizé

Page ou j'échange sur mes goûts dans différents domaines (Musique, Théâtre, Littérature) et où je m'entretiens avec certains artistes.


LE HAVRE....

Publié par moeb sur 1 Février 2012, 11:53am

Catégories : #culture

 

Le Havre d’Aki Kaurismaki (2011)

 

Aki Kaurismaki est un réalisateur Finlandais qui aime le cinéma français.

Souvent il essaime quelques références à celui-ci dans ses films. Notre pays lui sert régulièrement de décor. Là c’est au Havre qu’il place son histoire et sa caméra.

Après, pour ce qui est de l’hommage au 7ème Art français…il s’agit de poésie, de liens visibles ou invisibles, à voir tout de suite ou à ne pas voir.

Tout cela semble bien plus subtil que de simples « clins d’œil » puisque le réalisateur se donne la liberté de savoir que le spectateur ne comprendra peut être pas ces petites incursions vers ceux qu’il aime ou plus exactement, que le spectateur fera ou ne fera pas de liens. C’est un choix assumé.

Pour autant cela n’en rends pas son  film moins vrai, moins sincère, moins honnête.

Le réalisateur ne cherche pas à convaincre ni à imposer…mais j’y reviendrai.

 

Alors le Havre, c’est quoi ? Que dit ce film ?

L’histoire est simple : au Havre dans un petit quartier populaire, Marcel Marx vit péniblement avec sa femme, sans argent. Cet homme, ancien écrivain a quitté sa vie passée sans gloire et, cire aujourd‘hui les chaussures des passants un peu au hasard des rues. Ce nouveau « métier » il l’a choisi pour être plus proche des autres, mieux les comprendre.

Chaque soir il rapporte à sa femme sa maigre fortune et celle ci lui prépare le diner.

Cette vie simple et difficile mais pleine d’amour est perturbée par deux évènements.

Arletty la femme de Marcel tombe malade et doit être hospitalisée. Parallèlement, Marcel lors de ses pérégrinations, tombe sur un enfant « clandestin » qu’il décide d’aider à aller à Londres là où se trouve sa mère.

L’histoire semble assez « banale » ou déjà vue. Elle aurait pu être traitée de façon dramatique. Là, c’est juste assez décalé pour y percevoir de l’humour (il y en a), de la poésie (il y en a aussi). Mais surtout ce qui domine ce film c’est une humanité toute simple, sans effets, presque trop banale et en même temps tellement absente de nos vies d’aujourd’hui.

Est-ce d’ailleurs pour cela qu’au regard des images et des personnages on a du mal à situer le film dans le temps. Film d’aujourd’hui…d’il y a 30 ans. Là est aussi la subtilité de la réalisation. La ville du Havre se prête à cette « nostalgie » feinte. Le film nous entraine entre rêve et réflexion positive en nous laissant une vraie place de spectateur « averti »…j’ai envie de dire    « intelligent »

Puis on se dit qu’on aimerait tous avoir un ami comme Marcel Marx.

 

En sortant de la salle ou peut être pendant le film, pour certains, on pense à d’autres liens: au film dans le film.

D’abord les noms de certains personnages : Marcel Marx serait il un mélange des noms de      « Marcel Sembat » et de « Marx Dormoy ». C’est une piste…Le personnage du film a un passé qu’on imagine très engagé !

Puis la femme de Marcel se prénomme Arletty (étrange puisque c’est une actrice suédoise). Alors j’y vois un lien avec la filmographie d’André Wilms (personnage de Marcel) dont le titre du premier film est « Gueule d’atmosphère ». Lien évident avec la phrase que prononce Arletty « atmosphère…atmosphère…est ce que j’ai une gueule d’atmosphère » dans le film, Hôtel du nord.

 

Pour continuer sur ces liens, le grand Pierre Etaix qui joue le rôle du docteur Becker est aussi à ce titre assez représentatif du "film dans le film". Là…plusieurs liens.

D’abord l’hommage au couple que formait Pierre Etaix (cinéaste et homme de spectacle) et sa femme (Annie Fratellini morte en 1998). Au début du film on peut en effet voir une affiche jaune sur un mur gris dans une rue près de la gare. Elle annonce une soirée du cirque qu’avait crée Annie Fratellini.

 

Puis Pierre Etaix en médecin, dont on pense qu’il va annoncer la mort, puis non…miracle ?

Ce personnage donné à Etaix semble aux antipodes de sa carrière de cinéaste proche de celle d’un Tati avec lequel il a d’ailleurs beaucoup travaillé.

Alors quoi? Pierre Etaix a également une formation de prestidigitateur, c’est peut être aussi cela le lien avec le médecin qui vit un miracle avec sa patiente…la Magie ?!

 

Enfin un autre acteur a un rôle troublant dans ce film ; c’est Jean Pierre Leaud. Il est le dénonciateur d’Idrissa l’enfant noir qu’il surveille par la fenêtre à plusieurs moments du film. Là aussi un lien évident : l’enfant libre, des « 400 coups de Truffaut », c’était Jean Pierre Léaud, gamin.

Alors que Jean Pierre Leaud joue le rôle d’un vieux qui dénonce un môme qui cherche à retrouver sa liberté, c’est comme un regard croisé et décalé sur sa propre carrière, en dent de scie.

Puis surement pour Kaurismaki une manière d’aborder Truffaut au hasard d’une scène.

 

Reste le personnage de Jean Pierre Darroussin.

Lui, c’est presque évident, il sort directement d’un film de Melville (Jean Pierre, également de son prénom!) Nous ne sommes pas dans "l’Armée des ombres" mais la solitude et l’échec pèse sur le personnage de Monet. C’est là deux thèmes que l’homme au Stetson noir              « affectionnait » tout particulièrement.

 

Voila pour moi…le film dans le film s’arrête là ! Mais j’aime cette sensation d’éléments imbriqués qui parfois racontent plus qu’une histoire.

 

LE HAVRE....
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