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Le blog de Fabien Lizé

Le blog de Fabien Lizé

Page ou j'échange sur mes goûts dans différents domaines (Musique, Théâtre, Littérature) et où je m'entretiens avec certains artistes.


ISABELLE JANVIER : L'ENTRETIEN

Publié par le blog de Fabien Lize sur 18 Février 2013, 22:30pm

Catégories : #culture

 

 

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Oui, Isabelle je la connais bien…oui, Isabelle est une amie…oui, j’aime son travail alors oui je l’ai invité à boire un café (elle préfère le thé!) pour en discuter tout simplement.

Voici ses réponses à mes questions sur le conte puisqu’elle est conteuse…

 

Peut être est ce très logique pour toi mais petite, aimais tu déjà raconter des histoires ?

Oui ! Je n’ai pas de souvenirs de moments ou je n’ai pas entrainé les copines, ou les cousins et cousines, à inventer des histoires parce que c’était ça déjà  à l’époque… Je récupérais des vieux comics, des bandes dessinées et je refaisais des petits scenarii à partir des histoires existantes. Puis à partir de ça on jouait ces histoires. Oui c’était vraiment du domaine du jeu. C’est amusant parce qu’en y réfléchissant je me dis que c’était comme des jeux de rôles. Avec mes Barbies aussi J’inventai des histoires que j’appelais « des histoires de l’ancien temps ». Ma mère à l’époque était nourrice et gardait une petite fille qui s’appelait Kathleen, je crois, et la maman de cette petite fille lui mettait des petites combinaisons. Cette petite fille a fini par grandir et La maman de Kathleen m’a donné ces petites combinaisons trop grandes dont je me servais pour habiller mes Barbies. Je serrais à la taille de mes poupées et comme elles étaient trop grandes cela donnait un effet « robe à crinoline » d’où mes « histoires de l’ancien temps ». Pendant les récréations aussi j’étais dans le jeu, les histoires. Puis ma mère à exhumé également des petits poèmes que j’écrivais déjà toute petite. Je crois que j’aimais bien jouer avec les mots

Une conteuse c’est quoi pour toi ?

Une conteuse ou un conteur c’est quelqu’un qui est dans la transmission d’une culture orale. Mais faut pas rêver avec les moyens qu’on a aujourd’hui on va aussi « pêcher » vers la culture orale qui est transcrite à l’écrit. En fait nous sommes des passeurs d’histoires mais pas des créateurs d’histoires. Pour moi le conte c’est une histoire que tu entends d’un autre conteur ou de quelqu’un…Elle te tombe dans l’oreille et puis tu la raconte, tu la passe et puis quelqu’un d’autre va la prendre à son tour et puis elle va s’enrichir, peut être se modifier un peu. Moi qui suis également comédienne, si je vais dans le registre des contes du patrimoine ou des contes très connus et que je me mets à apprendre ces contes, pour moi ce n’est déjà plus du conte. C'est-à-dire que c’est du conte théâtralisé. C’est une comédienne qui joue un conte. D’autant plus que moi je travaille sur la trame, le chemin, après je brode autour. D’ailleurs je crois que j’avais noté à l’époque ou j’étais sur « myspace » que j’étais une brodeuse de mots. L’important pour moi c’est que le conte reste spontané. J’ai vu des conteurs connus jouer le même spectacle à chaque fois. Moi je ne peux pas ! Ça fausse le rapport avec le public.

Isabelle, tu contes sur quoi ?

Je suis très éclectique. Je conte un peu sur tout et n’importe quoi (Rires). Cela dit il y a des thèmes sur lesquels je ne peux pas conter. Par exemple un conte que je ne peux absolument pas conter, c’est peau d’âne. Il y a là pour moi des références à l’inceste et je ne peux pas conter ça à un jeune public parce que je n’ai pas les mots. D’ailleurs je m’interroge sur le sens de ce conte ? Je précise que je n’ai jamais lu « psychanalyse des contes de fées » de Bruno Bettelheim. Mais sinon je conte sur tout. Quelquefois j’ai des demandes particulières mais si je sens que je ne peux pas, je ne conte pas. Parallèlement j’avoue avoir des préférences pour certaines cultures. Par exemple j’ai un vrai faible pour les contes africains, c’est énorme. J’ai découvert aussi il ya peu de temps une petite partie de la culture indienne. C’est fascinant. Le problème c’est que les noms sont un peu imprononçables. Egalement au mois de mars dans le cadre du printemps des poètes je vais faire une prestation avec des contes aztèques. C’est la cosmogonie, ce qui n’est pas forcément accessible à tout le monde mais c’est chouette. Puis j’ai une vraie passion pour les « petit peuples ».

As-tu déjà pensé à conter sur toi ?

(Rires)…Je crois que de toute façon on conte toujours sur soi quelque part. C’est vrai dans plein d’œuvres. Quelqu’un que tu connais qui est Isabelle Brillant (peintre) m’as dit un jour : « quoique l’on peigne c’est toujours soi que l’on peint quelque part ». Je crois que le conte c’est pareil. Des fois ça parait très très éloigné mais tu ne peux pas faire vivre un personnage dans un conte si tu ne fais pas appel à des choses qui viennent de toi. Donc forcément qu’on conte sur soi. C’est juste parce que ce n’est pas que de l’interprétation. Parfois on va chercher loin.  J’ai conté par exemple sur cette petite fille à Hiroshima qui avait entendu parler de la légende des milles grues et qui a été irradié et a déclaré une leucémie. Elle souhaitait faire milles grues en papier (une par jour) parce qu’elle avait entendu dire qu’elle guérirait en faisant cela. Malheureusement elle est morte avant. Pour transmettre ça à un jeune public, le plus calmement possible, j’ai fait appel à des choses en moi et je me suis retrouvé avec la gorge nouée parce que j’avais mis de moi le regard que j’ai par rapport aux enfants. Donc oui je conte sur moi. Je suis très égo-conteuse (Rires)

Dans ton métier  qu’est ce qui te plait le plus…l’écriture…le jeu?

L’écriture je ne la destine pas à être conter la plupart du temps. Il n’y a que 2 contes dans ceux que j’ai écris que je raconte vraiment. Sinon l’écriture je la destine plutôt à l’édition et aux albums c’est pour ça aussi que je fais des illustrations. Mais ça, ce n’est pas encore fait. Je ne peux donc pas dire que l’un me plait plus que l’autre. D’autant plus le langage que j’emploie n’est pas le même. Les mots oui sont les mêmes mais l’agencement est différent. Par contre pour l’un comme pour l’autre on m’a fait souvent la remarque que mon langage était soutenu même pour les tout petits. Du coup non je n’ai pas de préférence. Après il y a des moments dans la vie où tu peux avoir plus de l’un que de l’autre. Puis l’un nourrit l’autre.

A quoi tu penses quand tu joues ?

Il peut m’arriver de penser que j’ai oublié d’acheter des poireaux. Je plaisante mais en fait c’est très curieux. Je suis à la fois dans la maitrise de ce que je fais et en même temps en observation du public. Par exemple je peux remarquer quelqu’un qui croise les bras et semble « fermé » et là je me dis que ce n’est pas gagné (Rires). Je ne suis pas distraite mais je crois que je suis dans une autre dimension. Après avoir conté une heure, une heure et demie, en général je suis vidée comme si j’avais fait du sport. Puis j’aime aussi trouver le regard des gens quand je conte. Il y a un échange.

C’est quoi pour toi être seul sur scène ?

Ce n’est pas forcement ce que je préfère ! C’est quand même un moment privilégié dans la mesure où quelque part tu es dans la maitrise de ce que tu fais. Après il faut que l’échange se fasse quand même. De toute façon dès que tu es avec le public tu n’es pas vraiment seul. Tu es seul effectivement parce que physiquement, à l’inverse de la salle, mais techniquement ce n’est pas le cas. Par exemple je me souviens d’une soirée ou je suis allée avec ma fille voir une conteuse québécoise. La conteuse était tellement dans l’échange, dans cette histoire qui parlait du diable que lorsqu’elle a fait dire à l’un de ses personnages « y ronflait… » (Là Isabelle le dit avec un magnifique accent québécois) que ma fille n’a pas pu s’empêcher de dire tout haut « comme mon papa ». Ce genre de chose j’adore, cela permet de rebondir. Après moi je ne tire aucun sentiment personnel de : c’est moi qui… Je crois que le temps du conte c’est un moment de convivialité, d’échange. C’est des énergies qui passent. Mais c’est vrai même dans le théâtre. Etre seule en fait pour moi ne représente pas quelque chose de particulier. Il se trouve que c’est la forme de la représentation mais bon ! Je peux te dire que j’adore également conter à plusieurs. C’est un plaisir intense. On partage le conte, on se le passe. Le partage peut se faire dans un univers différent. Je l’ai fait avec un conteur breton qui a un univers rabelaisien et qui joue des instruments médiévaux. Moi j’ai plutôt un univers tournée vers l’Afrique. Tout cela donne des couleurs différentes…Mais pourquoi tu m’as posé cette question ? Ça m’interpelle dans mon vécu (Rires)

Est-ce qu’il y a des gens qui t’on donné envie de faire ce métier ?

En fait non ce ne sont pas des gens ce sont des circonstances. Tout a commencé dans l’école de ma fille qui possédait une bibliothèque. Je m’étais arrêtée de travailler à l’époque pour l’élever. Il y a plus de 17 ans. J’écrivais beaucoup. Je préparais ce que je voulais faire par la suite et puis je ne voulais pas tout de suite être en contact avec le public. Je discutais souvent avec la personne qui s’occupait de la bibliothèque puis un jour elle m’a demandé si je voulais conter pour les enfants de temps en temps. Et là je me suis entendue lui dire « oui ! ». J’étais comédienne à l’époque (je le suis toujours). Je ne soupçonnais pas ce que pouvait être le conte à ce moment là. C’est une balle que j’ai saisi au rebond puis ensuite tout cela s’est enchainé. A Chilly-Mazarin d’abord, à la bibliothèque également puis là et ailleurs par la suite.

Y’a-t-il des sujets sur lesquels tu n’aurais pas envie de conter et pourquoi ?

Ce n’est pas une question d’envie c’est plutôt une question de ressenti. Oui au final c’est quand même de la «non envie », c’est clair. Quelqu’un a dit qu’on pouvait rire de tout. Oui ça, doit être vrai pour le conte aussi. Après il y a la façon de l’amener. Cela dit moi il doit y avoir des choses qui m’ont rendu sensible dans mon vécu sur lesquelles je ne peux « dire », « conter ». Là c’est toute la problématique de nos métiers artistiques. On y met tellement de nous, souvent. Moi je ne suis pas forcement en capacité de me livrer à ce point là. Pour te donner un exemple il m’est arrivé un matin dans une école d’avoir une demande de la directrice sur un conte traitant de la maltraitance. Bien sur il y en a mais pour moi le conte n’est pas un pansement. Une petite fille était arrivée une semaine avant dont la maman lui avait écrasé une cigarette sur la joue. Oui je sais c’est horrible…La directrice voulait que je la rassure par le conte et moi j’ai refusé. J’ai estimé que c’était dangereux et je me suis dit que je n’avais pas envie de le faire. Dans d’autres circonstances, parler de la maltraitance je pourrais mais pas relié de cette façon la. Mais pour revenir sur peau d’âne je trouve le sujet trop grave. C’est peut être plus du domaine de la confidence. Une vrai question est aussi de savoir si l’on a le droit de se permettre d’imposer tout et n’importe quoi à des gens ? Je n’en suis pas sur ? C’est une vraie question que souvent je me pose avec d’autres « artistes ».

Comment est ce que tu sens que tu as évolué dans ta façon de travailler ?

Parce que c’est différent, parce que je n’envisage pas les choses de la même façon, parce que je conte différemment. Issue du théâtre au début je théâtralisais beaucoup. A un moment j’ai tenté de gommer cela puis après j’ai équilibré ma façon de conter. Mais pour l’enfant parfois je théâtralise un peu quand même. Puis après tout j’ai décidé que c’était moi qui contait alors je le fais comme je le veux. Voilà…Aujourd’hui j’introduis de la poésie dans mes contes qui sont mes écrits. Je fais un peu de peinture et de photographie aussi et ça me nourrie je m’en sers dans mon travail, chose que je ne faisais pas avant. Même si j’ai le trac partout je me sens aujourd’hui plus sur de moi. Je me pose moins de questions, je laisse couler des choses. Puis ça évoluera encore. J’utilise des objets aussi le bâton de pluie par exemple qui me permet d’ouvrir et de terminer un conte et également le piano à pouce pour ponctuer le récit. J’aime conter seule mais je ne suis jamais aussi heureuse que quand il ya des musiciens.

C’est le moment ou Isabelle me pose sa question…

Est-ce que et pourquoi n’a tu pas tenté l’aventure de l’édition (je pense qu’il y a matière vu ce que j’ai lu de toi) ?

Il ya plus de 10 ans j’avais réuni quelques nouvelles dont le fil conducteur était la musique. J’ai écris sur la musique parce que pour moi la musique est assez « vitale ». Je ne l’explique pas…Bref. J’avais écris une dizaine d’histoires et je ne pense pas que j’écrivais comme je le voulais. Je ne me « lâchais » pas assez à mon gout. J’ai quand même fait la démarche et j’ai eu plusieurs réponses. Des plutôt sympathiques des carrément moins. C’était encourageant mais j’ai laissé tombé par…Des événements lourds dans ma vie ont fait que je suis passé à autre chose. J’y reviendrai peut être ?…. 

 

Commenter cet article

OmniTech Support Reviews 23/09/2014 14:21

I think you have done a great job with the project. So, what is the delay? Why is it not officially published yet? I do understand the limitations and difficulties. However, that should not bother you too much at this point of time.

laura (le petit cochon tétu 16/06/2014 18:03

J'♡se texte

laura (le petit cochon tétu 16/06/2014 18:02

J♡♥♥♥♡♥♡ texte

morel 22/04/2013 21:33


tu y reviendra surment 

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