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Le blog de Fabien Lizé

Le blog de Fabien Lizé

Page ou j'échange sur mes goûts dans différents domaines (Musique, Théâtre, Littérature) et où je m'entretiens avec certains artistes.


HIDEHIKO KAN : L'ENTRETIEN!

Publié par moeb sur 1 Mai 2011, 17:58pm

Catégories : #culture

06052011062.jpg (Pourquoi cette photo: parce que le café était partagé chez moi et que ce CD de Hank jones est un album qu'Hidéhiko aime beaucoup. Le batteur de ce trio, Elvin Jones, est une référence pour Monsieur Kan)

 

 

Voila nous y sommes !

C'est le premier des entretiens autour des "vies d'artistes".

Au programme, le reflet de ma conversation avec Hidéhiko Kan, batteur professionnel et professeur au sein d'un conservatoire.C'était samedi vers 11h30 autour d'un petit café (chez moi!),  

 

Petite précision....il n' y a vonlontairement pas de biographie personnelle concernant la personne intérrogée.

 

Je vous laisse entrer dans son monde....

 

 

 

Aujourd’hui tu es batteur! As-tu toujours exercé ce métier ?

 

Non ! Je joue de la batterie depuis que j’ai 14 ans à peu près. Mais j’ai travaillé dans d’autres domaines plus standards, plus « mainstream », pour rester dans un vocabulaire proche du jazz. Je n’envisageais pas de gagner ma vie avec mon instrument tout de suite. Alors…j’ai été prof de japonais dans des instituts de formation pour cadres. Je parle la langue et j’avais les papiers pour faire valoir ça. J’étais payé grassement pour apprendre aux gens à dire « bonjour », « au revoir », ce qui, quand même, était vachement cool.

J’ai aussi était caviste. Donc avant d’être dans les caves de jazz, j’étais dans les caves à vin.  Je participais à tous les comités de dégustation et à toutes les tournées que l’on faisait dans le vignoble français, ce qui m’a permis de parfaire ma connaissance de la géographie française et du bon vin !

Je suis devenu batteur professionnel à la fin des années 90. On a sorti un disque avec Alexis Tcholakian au piano et Alain Grange au violoncelle, puis on a commencé à tourner à Paris, notamment au Petit Opportun (club de jazz parisien).

Le "Petit Op" était connu pour être un vrai club ou les musiciens se retrouvaient pour boire des coups. Le patron écoutait vraiment les disques que tu lui laissais et n’hésitait pas à te programmer s’il te trouvait bon, même s’il voyait que ça n’attirait pas grand monde ! Quand il y croyait il faisait en sorte que ça marche et que tu puisses travailler. C’est une notion de club qui n’existe plus aujourd’hui, le contexte économique étant ce qu’il est… Ce genre d’attitude là est aujourd’hui totalement suicidaire commercialement. D’ailleurs il a fini par vendre son club.

Donc gros « big up » à Bernard Rabaud.

 

Tu travailles souvent avec des musiciens aux univers très différents. Pour toi c’est une motivation, un réel choix ou bien le hasard ?

 

Ce n’est pas une motivation. Comment te dire ça ?... ça se fait naturellement, comme ça.Ça doit être quelque part au fond de moi. J’aime bien harmoniser des choses qui à première vue ne seraient pas compatibles. Mais ce n’est pas conscient.

Je ne me dis pas : Tiens « machin » ce serait bien si je le faisais jouer avec « bidule ».C’est juste que je me dis tiens là j’entends un truc qui sonne comme ça alors j’appellerais bien « bidule » et « machin chouette » parce que je pense qu’ils auraient des choses à se raconter. Je suis assez fier de moi quand ça fonctionne. Les fois ou ça ne fonctionne pas il n’y a pas de concert. On voit si ça prend ou pas au bout de la deuxième répétition.

Puis des fois des gens qui ne s’entendent pas entre eux dépassent ça parce que je leur demande de faire des choses. Donc parfois je ne soupçonne pas les mésententes. Alors quand ça fonctionne je me dis que j’ai eu raison de croire à mon intuition.

 

D’où crois-tu tenir l’exigence que l’on te reconnait ?

 

J’aime bien entendre quelque chose de bien. C’est comme quand tu rentres dans un restaurant et que tu décèles qu’on te sert du surgelé mal réchauffé et ou tu trouves des bouts de plastique dans le plat. Forcement t’es pas content ! Quand quelqu’un vient écouter un concert, il faut que ce soit bien.

Oui c’est rigolo que tu me poses cette question.

En fait je fais recommencer jusqu’à ce que soit bien…effectivement.

Il y a un coté un peu opiniâtre chez moi.

 

Si tu devais définir brièvement la musique, que dirais tu ?

 

La musique est pour moi un oxygène social.

 

            Toi l’inventeur de la « Youpitude (1) », tu penses à quoi le matin en te rasant ?

 

Premièrement je ne me rase pas tous les matins et, le matin au réveil…j’ai du mal à penser.

La Youpitude c’est ce petit quelque chose de vif, de gai, de pimpant, que j’aimerai vraiment promouvoir. On a besoin de ça pour supporter les jours où on est un peu moins « youpi », les jours où le patron est un peu plus chiant que d’habitude, les jours où les enfants te fatigue un peu plus que d’habitude (rire). C’est un petit condiment ou alors un bon caramel.

Ce n’est pas une nouvelle religion, c’est vraiment pour que chacun trouve en lui-même de quoi bien mener son existence. Si je peux contribuer à ça je n’aurai pas tout perdu.

 

            Qui sont les gens qui t’inspire dans ton quotidien ?

 

Pour quelq'un qui prône la Youpitude, je suis quelqu’un d’assez nihiliste et iconoclaste et sans, justement, cette notion de modèle.

Alors tout de suite on va parler de quelque chose de beaucoup plus grave (rires). Par exemple je suis foncièrement et instinctivement contre les religions. Je n’ai pas cette idée ou cette envie de récupérer les gens ! Je prend ce que je peux chez tout le monde.

J’aime l’idée d’un John Coltrane qui part se désintoxiquer tout seul. Bon d’accord…Coltrane a demandé l'aide de Dieu et l’a eu. Moi avant d’aller déranger le vieux barbu, bah je me dis que je préfère me demerder par moi-même. Il y a pour moi 99% des problèmes qu’on se crée nous même.

A moins d’être sous un tsunami et là, qu’est ce que tu peux faire ?...

 

            Quand tu joues, qu’est ce qui se passe ?

 

J’essaye de faire en sorte qu’il ne se passe rien dans ma tête. Pour moi c’est ce qu’il y a de plus difficile à faire. Souvent je n’y arrive pas. J’aimerai brancher directement les oreilles aux mains et aux pieds, exclure la conscience. Il faut éviter de penser : "Là tu vois je vais les faire pleurer... la tu vois je vais les faire rire." Sinon ça marche moins bien…ça sent la ficelle, la sitcom avec les rires enregistrés, tout ça quoi…

Mais parfois tout de même je me surprends à penser : "Ah putain qu’est ce qu’il est naze ce piano, j’aurais du prendre plus de temps à régler cette question la, puis la caisse claire aussi..qu’est ce que je suis con"… Eh bien tout cela pollue. J’aimerai être cristallin comme l’air du matin (rires). C’est un exercice de zen appliqué à la musique.

 

            Musicalement, de quoi est tu le plus fier ?

 

Je n’y suis pas encore arrivé.

Bon... je suis content du projet « Koto to Evans » (concert ou la musique traditionnelle japonaise se mêle à celle du pianiste Bill Evans). Là c’est vraiment un projet ou l’intuition a fonctionné.

Mieko Miyazaki est une grande joueuse de Koto qui te touche au bout de 3 notes.

Avant Mieko je n’ai jamais eu envie de jouer avec des musiciens traditionnels.

J’aime aussi mon quartet de 2005 qui va peut être renaitre de ses cendres.

 

            Si tu devais n’emmener qu’un album sur une ile déserte, lequel serait ‘il ? Et pourquoi ?

 

J’ai envie de te répondre, aucun, si je n’ai pas le droit à la compil de 5000 titres. En fait je partirais sans rien, je ramasserais des coquillages et je taperais sur un tronc creux pour réinventer la musique.

 

            Ton futur projet ou ta prochaine envie ?

 

Il y a plusieurs projets. Mais j’ai envie de faire un « youpi disque » que les gens mettraient le matin pendant la demi heure qui sépare le petit déj du départ au boulot et qui les mettraient en forme pour la journée. Mais il va falloir faire des choix. Un truc équilibré parce que si c’est de la musique « trop vitaminée » et que les gens sont pas dans le truc ça peut être aussi très énervant.

Moi par exemple je ne supporte pas les trucs trop gais quand je ne suis pas « super youpi ». Je n’aime pas dans ces moments là, qu’on vienne me secouer en me disant « allez vas y rigole! » ! Non là j’ai envie de tout exploser! (rires)

Ce n’est pas un projet farfelu, c’est un truc de civilisation...

 

 

 

Oups.... A la fin de l'entretien j'ai demandé à Hidéhiko s'il avait une question à me poser (histoire d'inverser les rôles).

Voici donc sa question et ma réponse.

 

Comment choisis tu de bonnes chaussures?

 

Ah c'est compliqué parce que j'ai les pieds creux alors bien sûr il y a l'esthétisme mais au delà de ça il faut qu'elles me tiennent bien le talon. D'ailleurs c'est drole cette question, parce que ces pieds creux, à une époque, me donnaient une démarche peu assurée et un coté rigide que je n'ai pas forcement dans la vie.

 

 

En cadeau un petit lien vers la musique d'Hidéhiko

http://youtu.be/k5i_yHoDdHs

 

 

 

Ah... j'allais oublier le (1) de la Youpitude!

 

Alors en quelques mots et selon son créateur (même si ce n'est pas une marque déposée), la youpitude c'est le fait de positiver sur ce qu'il y a de bon dans la vie et d'apposer le mot "youpi" à tout ce que l'on trouve de bien, également, dans une journée. Vous avez par exemple la "youpi journée", le "youpi film", la "youpi chaise dans le jardin", le "youpi soleil", la "youpi redevence télévisuelle" (non là je m'égare!)....Bref avec ces petits youpis, Hidehiko nous propose d'égayer le quotidien. Le but c'est juste ça! Mais, c'est déjà beaucoup...

 

 

HIDEHIKO KAN : L'ENTRETIEN!

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colline 09/04/2012 16:23


Emue immédiatement en ouvrant ton entretien avec Hidehiko Kan : deux tasses émaillées au fil d'or à la porcelaine de Limoges, tout près de l'Evêché m'ont interpelée rapidement et j'ai vu se
dérouler un ruban de ma vie aux côtés de Maman, ce qui me fut bon et doux en ce lundi de Pâques.


merci Fabien d'associer ta "Mamy " à tes rencontres artistiques.


Depuis hier je suis dans l'attente ou le besoin d'un "Signe" d'Elle et le voici ,imprévu, véhiculé par l'entremise d'Inter-Net !!!!!


L'Histoire de Hidehiko Kan est tout à fait sympathique . Il a fait confiance au temps et en son étoile bien placée dans l'univers de la musique. Il est vrai que  votre entretien pourrait
être accompagné pendant quelques secondes d'une petite vidéo . Pour quand cette amélioration ?


Merci Fabien et belle suite de Vie à cet Homme devenu certainement un Ami !


colline

Hidé 16/05/2011 03:06



Fabien, juste un petit complément après les compliments. Je te propose une définition de la Youpitude par mon amie Virginie Capizzi, une excellente chanteuse:


"La Youpitude : l'un des mouvements les plus
importants du 21ème siècle, une attitude, une façon de vivre, une
philosophie caractérisée par un esprit positif, gai, joyeux, énergique,
pétillant..." (Virginie Capizzi)



lize 01/05/2011 20:11



j'aime bien la youpitude...un petir enregistrement de musique ça serait  bien



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