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Le blog de Fabien Lizé

Le blog de Fabien Lizé

Page ou j'échange sur mes goûts dans différents domaines (Musique, Théâtre, Littérature) et où je m'entretiens avec certains artistes.


NORE ATULY : L'ENTRETIEN

Publié par le blog de Fabien Lize sur 15 Décembre 2012, 16:29pm

Catégories : #culture

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  https://soundcloud.com/nore-atuly 

Avant de lire l'article vous pouvez écouter ce très joli morceau en cliquant sur le lien ci dessus...

 

Alors voila…Nore ATULY est professeur de chant, évidemment chanteuse mais plus globalement elle a une vraie passion pour la voix. J’avais donc envie de lui poser quelques questions pour partager avec vous le « parcours » de quelqu’un qui fait ce métier. Elle a accepté ma demande très simplement et nous nous rencontrés dans un petit café parisien pour l’entretien qui va suivre…

 

La « journée de travail type » de Nore, c’est quoi ?

C’est très aléatoire parce qu’en fait j’organise mon temps selon humeur. Evidemment, cela s’organise aussi beaucoup en fonction de l’emploi du temps de mes élèves. Parfois les cours sont les uns derrières sur la journée complète. Puis d’autres fois c’est le matin ou seulement l’après midi. Mais sinon, une journée c’est comme l’envie de m’habiller, oui ça dépend vraiment de mon humeur.

Parfois ça peut être : Je me lève et je passe 2 heures à travailler à diverses choses sur mon ordinateur ou alors je me lève et je vais à la piscine faire 40 longueurs minimum ! Sur 25 mètres, je précise ! (rires). Je peux aussi assez tôt le matin me mettre à travailler la voix ou alors j’étudie. J’adore étudier…Il faut tous les jours que j’apprenne quelque chose de nouveau sur…Je ne vais pas dire tout et n’importe quoi, parce que ce n’est pas vrai mais sur des sujets très différents en tout cas. Par exemple de l’histoire, sur des personnages, sur de la musique, sur une langue étrangère ou sur un article qui m’a interpellé. Donc non, pas de « journée type » si ce n’est qu’elle est rythmée par les horaires des cours de mes élèves.

Petite, tu t’imaginais déjà faire un métier comme celui-ci ?

Oui. Professeur de chant, non, mais dans la musique ou dans l’art, oui ! En fait, prof je n’y avais pas pensé au départ. Puis un jour je me suis posée et je me suis dit que ça faisait déjà presque 20 ans que j’étais prof…Au bout de 10 ans je me suis arrêtée. Je me suis demandée si j’aimais ce métier et pourquoi je le faisais. Puis j’ai réalisé que j’adorais ça ! Mais cela s’est fait par hasard. J’étais chez ma dentiste qui savait que chantais et elle a voulu que lui donne des cours de chant mais je ne l’avais jamais fait. Et là je me suis rendu compte que j’avais beaucoup de connaissances depuis longtemps. J’ai eu envie de continuer ! Ce qui m’a permis d’arrêter de faire autre chose que de chanter. A 20 ans je faisais du negro spiritual, j’étais dans un groupe d’acid jazz et à coté de ça, pour vivre, je vendais des buffets campagnards par téléphone. Je n’en pouvais plus ! C’était donc l’occasion de voir si j’étais capable de sauter le pas. Je me suis donc attelée à donner des cours et très rapidement je n’est fait que cela parce que ça marchait bien, parce que j’avais de bons résultats, parce que j’ai adoré ça ! C’est vraiment quelque chose qui me passionne de permettre à quelqu’un de développer sa voix. Alors, ça c’est la première étape pour les débutants. Pour les professionnels il s’agit d’obtenir des techniques qui leurs permettent d’optimiser leurs voix.

 

Qu’est ce qui te plait dans ce métier ?

La première chose qui me plait c’est lorsqu’un élève arrive à faire quelque chose avec sa voix dont il se sentait incapable auparavant. Ça veut dire par exemple, pour un élève débutant : sortir une note juste dans un aigu ou dans un grave. Pour un professionnel c’est différent parce que c’est plus technique. Il s’agit plus de relier le souffle et la voix. J’aime quand une personne arrive avec une vois et repart avec une voix « différente », poli, travaillée, puissante dans toutes ses couleurs et s’épanouie. Là c’est juste génial !

Parallèlement, est ce que tu trouves qu’il ya des contraintes dans ce métier ?

En fait, j’ai la chance mais je l’ai créée, de donner des cours chez moi. Ce n’est donc pas contraignant dans le sens ou l’on ne m’impose pas les élèves. C’est moi qui les choisi. La seule chose qui peut être contraignante c’est quand je suis face à des élèves qui ne viennent que pour faire une activité une fois par semaine et qui ne s’investissent pas dans les cours. Ce que j’attends à chaque fin de cours c’est qu’il y ai un progrès. Même si parfois l’élève ne s’en rend pas compte moi, je le vois s’il travaille. Généralement les élèvent qui ne s’investissent pas dans le cours, soit ils s’en vont, soit d’une manière ou d’une autre ils ne restent pas (rires). Je n’ai pas un rôle de thérapeute. Moi je suis vraiment accès sur des cours de technique vocale. Après, quelque soit le niveau et l’objectif, j’ai envie que les personnes aient le désir de travailler et d’apprendre quelque chose. L’art fait du bien. Ça devrait être quelque chose qu’on commence enfant et que l’on continu toute sa vie, que l’on devienne professionnel ou non. C’est une partie de la vie.

Tu pars à New-York dans quelques jours. Penses-tu que l’approche du chant soit différente aux Etats Unis ?

*Cette question aura une autre réponse, que vous pourrez lire en fin d’entretien, Nore voulant y revenir pour la dévelloper après que nous nous soyons rencontrés.

Depuis un peu plus d’un an j’ai l’occasion d’aller régulièrement à New-York, ville que je ne connaissais absolument pas. J’y ai découvert une scène musicale très différente. Je ne la connais pas au niveau de l’enseignement par contre la différence est culturelle. La culture jazz vient des Etats Unis. Après, au niveau de la technique, non je ne pense pas mais je parle bien de la technique du chant. J’ai eu l’occasion de travailler longtemps avec un maître mais j’ai travaillé aussi avec des ouvrages spécifiques sur la technique. J’ai aussi eu l’occasion d’assister à des « masters class » et de prendre des cours avec entre autres des américaines et la technique « classique » reste unique mais d’autres techniques peuvent aider.

Moi la technique que j’enseigne est classique mais à la différence d’autres elle ne va pas formater la voix ni la modifier pour chanter du lyrique. Au contraire j’ai des élèves qui font du rock, du jazz, de la variété, de la chanson française….C’est pour ça que cette technique est un peu différente de celle qu’on peut trouver dans certains conservatoires. Donc pour moi la technique du chant est la même mais les américains finissent plus tôt les cours et ont du temps pour la musique, assez jeunes et pour moi c’est la différence essentielle. En France nous somme un pays littéraire, plus que musical. Ces voyages m’apportent énormément.

Là, Nore rit et dit : « promis la prochaine, j’essaye d’y répondre en une phrase ! »

Tu as le trac ?

En tant que chanteuse ? Certaines personnes vont trouver cela très présomptueux mais non…Enfin pas totalement…Alors ce n’est pas que je n’ai pas le trac, ce ne serait pas vrai mais en fait il y a quelques années j’avais le trac. C’était handicapant et j’ai réfléchi à ma relation à la scène. Puis, j’ai considéré que lorsque je suis sur scène, c’est moi qui parle, c’est moi qui chante, c’est moi qui dis quelque chose et ce sont les autres qui écoutent. A priori c’est comme ça que ça se passe ! Donc avoir le trac à la fin, oui ! Mais au début ?! Cette peur est totalement stupide ? Cette crainte est illogique puisque c’est étrange d’avoir le trac alors que souvent tu n’as pas encore exprimé quoique ce soit…En fait je me rends compte que là où j’ai le plus le trac, c’est lorsque je ne suis pas sur de moi. Par exemple s’il y a longtemps que je n’ai pas été sur scène, alors, oui il peut y avoir un petit trac ! Quand j’ai commencé à chanter, j’ai eu de fortes émotions liées à cela mais aujourd’hui c’est plus serein. Aujourd’hui avec l’expérience je donne plus et me « regarde » moins.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut commencer à chanter ?

Les conseils seraient techniques. Par rapport au chant j’essaierai d’abord de voir qu’elle est la plus grosse erreur de la personne techniquement et je tenterai de la corriger. Maintenant si cela s’adresse à quelqu’un qui veut faire de la scène, là franchement ça dépend totalement de l’individu. Je pense que certaines personnes répondraient à ta question avec des vraies techniques à proposer. Moi aussi…mais j’insiste, c’est toujours une question de personnes. Par exemple, actuellement j’ai 2 ados qui veulent devenir chanteuses professionnelles ; d’habitude je ne prends jamais d’élèves ados, c’est très rare, en tout cas. C’est assez nouveau ces dernières années. J’avais une jeune fille qui travaillait dans la comédie musicale du Roi Lion. Elle avait un des rôles principaux et sa mère voulait qu’elle ait un professeur particulier. J’ai commencé à donner des cours à cette petite et il s’est avéré qu’à la suite de cela j’ai eu d’autres jeunes élèves. Donc aujourd’hui j’ai 2 ados qui sont complètements différentes. Il y en a une qui est extrêmement déterminée ; elle fait de la batterie et veut devenir professionnelle. Elle a 14 ans et sait exactement où elle va. L’autre est arrivée avec une grande puissance vocale mais en me disant « je veux être connue »

Je ne leurs tiens donc absolument pas le même discours. Je pense que cette envie d’être connu comme ça c’est vraiment la télé, c’est actuel mais c’est délicat. On verra bien…

Tu me demandais tout à l’heure ce qui me plait dont mon métier ? Eh bien il y a aussi le fait que beaucoup de mes élèves deviennent des amis. Il y a là un vrai rapport humain. Il y a parmi eux des êtres que je chéris vraiment. Je pense à eux, je m’inquiète d’eux…Les gens m’importent et m’intéressent vraiment.

Pourquoi le chant et pas un instrument ?

Alors là, j’ai une réponse très précise. Quand j’étais petite je faisais du cheval et la grande question que je me posais c’était : comment peut on jouer de la musique à cheval ? Je devais avoir 9 ans et je me disais : j’aime bien le piano…mais cela ne solutionnait pas mon problème. J’ai donc pensé à 2 instruments, sur un cheval : le saxophone ou l’harmonica. Il faut bien comprendre que j’avais 9 ans (rires). Aujourd’hui je crois que j’aurai un autre point de vu.

Donc j’ai commencé à faire du saxophone mais le professeur m’a mis sur ses genoux en me disant qu’il faisait cela avec tous ses élèves. J’ai arrêté tout de suite et j’ai continué à chanter, ce que je faisais déjà depuis toute petite. Puis pré ado j’ai commencé à écrire en créant des textes et des mélodies. C’était pour moi un moyen très naturel et voila…Je suis allé plus loin. Puis je pense qu’en fait je ne suis pas très doué pour un autre instrument. Puis mon expérience au saxophone m’a de toute façon soigné (rires)…

Est-ce que tu aimerais travailler le classique ?

Pour moi ou pour mes élèves ? Parce qu’avec les élèves, je fais travailler le classique.

Moi : Non, toi !

Silence…et là Nore dit : Tu vas le mettre le blanc là (rires)

C’est une question qui pour moi n’est pas évidente. J’ai eu une éducation plutôt tournée vers le jazz. Après, dans les années 70 mon père écoutait beaucoup de musique et là c’est passé des Pink Floyd à Santana et aussi les premiers Genesis. Puis plus tard il y a eu l’opéra. Mon père, toujours lui, passait en boucle Aida et Nabucco. Et moi j’aime le cœur des hébreux. Donc oui c’est quelque chose qui m’émeut beaucoup. Les rares opéras que j’ai vu ; j’ai pleuré. Mais je pleure facilement. Je vis fortement toutes les émotions. Oui je pense que j’aurai beaucoup aimé faire de l’opéra mais le fait d’être contre alto ne m’a pas forcement attiré vers cela puisque ce qui est mis en avant c’est plutôt les sopranos. Puis mon timbre n’est a priori pas fait pour ça. Puis j’ai des origines blacks et rouges qui me tirent plutôt vers un chant qui est tourné vers la culture noire américaine. Au départ quand j’ai commencé chanter mon inspiration était plutôt Ella Fitzgerald qu’une voix classique. Mais surtout, ma mère l’écoutait beaucoup ainsi que Janis Joplin. Bon alors oui je peux chanter du classique mais j’estime qu’il y a des gens qui le font bien mieux que moi. En fait les premières notes qui sont sorties de mes compositions n’étaient pas classiques. Elles pouvaient même faire penser à des musiques irlandaises. Sur le plan du travail, le classique c’est différent. Là je repense au premier album pour lequel j’ai eu un premier choc, c’était un disque de Santanna. La batterie est importante pour moi, le rythme ! D’ailleurs ce n’est pas un hasard je me retrouve à enregistrer aujourd’hui un duo ave le contrebassiste Gianluca Renzi. Cela je ne le retrouve pas dans le classique. Cela dit j’aime la pureté du son classique oui. Mais c’est trop tard (rires)

Est-ce qu’il te semble difficile d’exercer un métier qui est également une passion ?

Bah pas du tout ! Au contraire. En fait je crois que dés le départ je n’ai jamais pu concevoir de travailler sans être passionné par mon travail. Si j’avais eu une autre passion j’en aurai également fait mon métier. Tu penses donc que je suis une passionnée ? (rires)

Moi : Oui évidemment !

Tu vois j’aime aussi la photo et je pense aussi que j’aurai pu entrer dans ce métier avec la même passion. A chaque fois que j’ai essayé autre chose que l’artistique, ça n’a jamais fonctionné. Donc non, ce n’est pas difficile au contraire, c’est très joyeux…très joyeux.

 

Avec qui rêves-tu de faire un duo par exemple ?

Bah en ce moment j’enregistre avec Gincula Renzi, un grand contrebassiste, un maitre. Il a un niveau musical bien supérieur au mien et c’est génial. Mais sinon il n’y a personne en particulier à qui je pense. Parce que cela du domaine "du rêve" et c'est bien comme ça. On verra...

 

Comme évoqué plus haut, voici la « deuxième » réponse de Nore concernant la question sur une possible différence de l’approche du chant aux Etats Unis en comparaison avec la France.

Oui l’enseignement du chant est différent entre autre sur un point qui me semble important. En France, lorsqu’une personne veut par exemple s’inscrire au conservatoire, elle doit présenter un répertoire dans son registre. Et donc, si elle pense qu’elle est mezzo-soprano, chanter un répertoire pour mezzo-soprano. Aux Etats Unis ils considèrent qu’une voix n’est pas faite avant un an de travail vocal et donc, ils ne demandent pas à un élève de présenter un répertoire. C’est une énorme différence. En effet je rencontre beaucoup d’élèves à qui l’on a dit qu’ils étaient ceci ou cela (soprano contre alto ou autre) et qui ont travaillé dans un répertoire défini avant même d’avoir travaillé leur voix, et qui de par ce fait, se sont  soit abîmés la voix, soit ont restreints leur capacité. Il y a une énorme différence avec une voix qui n’a « jamais chanté » et une voix travaillée !!

Pour ma part lorsque j’ai un débutant je le fais travailler « à l’américaine » concernant ce point. C'est-à-dire qu’avant de décider quelle voix il a, je le fais travailler et chanter dans le registre commun des voix de femmes ou d’hommes. Lorsque sa voix est vraiment travaillée, musclée, épanouie, à ce moment là seulement, je me permets de classifier son registre. Ça permet d’éviter les erreurs et d’arriver à épanouir sans difficultés une voix dans toute sa tessiture. »

C’est la fin des questions pour Nore. Le « deal » c’est qu’à son tour elle peut m’en poser 2 au lieu d’une.

Nore : C’est donc une double question (rires)

La première question c’est : As-tu un rêve en lien avec la démarche de ton blog ?

Mon envie c’est de transmettre par le biais des « artistes » ma passion pour la musique et le théâtre mais j’ai surtout envie de dépasser le quotidien en partageant tout ça. Puis j’ai peut être envie de garder un lien avec l’enfance en faisant cela. Parce que, petit j’ai un souvenir fort à l’écoute d’un disque de Louis Armstrong. C’était un enregistrement d’un concert de 1956 à Pasadena. Cela m’a conduit à découvrir le jazz par la suite. D’abord des chanteurs, Nat King Cole, Ray Charles, Tonny Bennett, Ella Fitzgerald. Puis après, des instrumentistes, surtout des pianistes.

Alors mon rêve là comme ça, ce serait de chanter un jour avec un grand orchestre. Mais il y a un autre rêve qui serait d’être chef d’orchestre. Je me dis que ça doit être génial de diriger une masse sonore constituée de musiciens. Puis le troisième rêve serait de jouer un vrai texte classique comme un vrai tragédien. Mais dans tout ça pour moi il y a toujours ce lien avec l’enfance. Petit j’aimais « découvrir l’art ».

Nore : (rires) j’aime beaucoup ta réponse. C’est génial mais tu n’as pas répondu à ma question qui était le lien avec ton blog. Tu sais quoi, ta réponse était parfaite. Meilleure que ma question.

Fabien : Mais je crois que si j’ai zappé le coté blog, c’est parce que pour moi c’est juste un partage. J’aime faire découvrir des « artistes » c’est tout. Mais je n’ai pas d’attentes plus « fortes » que cela.

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microneedle derma roller 01/10/2014 11:47

Wow… how amazingly she sings. Nore is gorgeous and this time the ATUL-ians have the wonderful chance to interact with her. She has inaugurated the big event, and she provides her voice supports to the budding artists. She is truly a blessed voice tracer.

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