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Le blog de Fabien Lizé

Le blog de Fabien Lizé

Page ou j'échange sur mes goûts dans différents domaines (Musique, Théâtre, Littérature) et où je m'entretiens avec certains artistes.


ADRIEN NEVES : L'ENTRETIEN

Publié par le blog de Fabien Lize sur 19 Mai 2013, 23:52pm

Catégories : #culture

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Adrien joue en ce moment 8 rôles (si si c’est possible !!) dans une adaptation de l’écume des jours au théâtre Clavel à Paris, tous les lundis soirs. Et franchement il fait cela avec beaucoup de talent et de drôlerie. J’ai donc eu envie de savoir ou il puisait ce sens des personnages et comment naissaient ces différents univers…

 

Vous êtes curieux vous aussi?…Voici ces quelques réponses à mes quelques questions.

 

 

 

-Adrien, je t’ai vu récemment jouer dans une adaptation de l’écume des jours de Boris Vian. Tu y joue plusieurs personnages (jean Sol Partre, un médecin, un curé, un pharmacien, une copine…).   Dans chacun des rôles, même très courts, tu es crédible et très drôle. Ou trouve tu l’énergie pour tout ça dans une seule pièce ?

 

-L’énergie c’est le plaisir, je pense. Le plaisir de jouer au théâtre et de m’éclater à jouer tous ces personnages. L’énergie c’est aussi parce que j’ai tellement voulu faire ça que je pense que ça vient tout seul. Puis passer d’un personnage à un autre c’est quelque chose que je travaille énormément. Là c’est moins naturel. C’est un vrai boulot de recherche sur les personnages. Comme tu l’as vu certains « durent » 2 ou 3 minutes puis d’autres reviennent plusieurs fois. J’ai essayé de me formater à ça et d’habiter mes personnages. Le costume aide, bien sur, mais pas que…je me bats avec ça dans ma tête pour bien arriver à les dissocier. On joue la pièce depuis quelques années et je fais en sorte qu’il n’y ait aucune ressemblance entre les personnages. Le personnage du médecin est encore un personnage qui évolue tout le temps. Je veux garder l’essentiel de la pièce et ne pas juste donner l’idée d’images farfelues.

 

-Mais tu sais de ce que j’ai vu, tout cela colle parfaitement à l’univers de Boris VIAN.

 

-Oui en fait j’ai eu carte blanche sur les personnages. Vincent (le metteur en scène) m’a demandé de faire tout ces personnages et on ne m’avait jamais laissé cette liberté au cours Florent. Là je jouais les Clitandres, des jeunes premiers…et quand Vincent m’a proposé ça ; cela a été surprenant et très chouette de pouvoir faire autre chose…

 

-Une troupe c’est quoi pour toi ?

 

-Là actuellement une troupe c’est un groupe de personnes qui a un projet en commun et qui aspire vraiment à aller dans le même sens au niveau de l’expérience théâtrale. En ce moment nous avons tous à peu près le même niveau d’expérience et nous avons tous envie d’aller "chercher plus", de continuer à avancer. Nous avons un deuxième et peut être troisième projet en cours. Nous voulons faire vivre cette troupe, cette compagnie. Nous sommes des personnalités très différentes mais avec cette même envie d’être sur scène.

 

-Qu’est ce qui se passe pour toi quand le rideau s’ouvre ?

 

-C’est le moment d’y aller, de m’éclater. Autant, juste avant je suis là en train de réfléchir à mes personnages et machins…mais à partir du moment où je sais que ça va commencer je pars. Aujourd’hui ma phrase avant l’entrée en scène c’est     « éclates toi ». Avant j’étais plus sur le texte. Même dans le rôle du religieux qui pour moi est un peu plus dur et des rôles qui rendent la pièce triste, j’ai ce besoin de m’amuser mais m’amuser dans le sens de prendre du plaisir. C’est pour moi une façon de donner aux gens.

 

-On voit ça sur scène. Pour certains personnages tu es à la limite du surréalisme et en  même temps vraiment dans les personnages.

 

-Oui tant mieux. Mais je crois que je suis sincère parce que j’ai tout le temps envie de jouer. A partir du moment où je pars avec ça je pense que cela doit se ressentir en effet.

 

-Etre comédien est ce un défi pour toi ?

 

-Non c’est plus une passion. Mais j’’ai envie de pouvoir en vivre pleinement. J’y prends tellement de plaisir que quand je reviens à ma vie normale j’ai souvent une déception. C’est toujours un peu plus dur. Le défi c’est d’arriver à en vivre mais j’ai toujours été connecté à cela, à cet univers. Mes parents m’emmenaient voir des pièces quand j’étais petit. Donc non pas un défi mais un but.

 

-Qu’est ce que tu aimes aujourd’hui dans ta façon de jouer ?

 

-Moi je ne suis jamais content de moi en fait. Moins je réfléchi mieux c’est. J’aime bien dans mon jeu le fait de me remettre en question. J’aime aussi le fait d’improviser. Aujourd’hui parfois je me surprends et j’aime assez ça…

 

-Qu’est ce qui te semble difficile à jouer ?

 

-Toujours en étant sincère, c’est la tristesse, le chagrin. Je trouve ça beaucoup plus dur à jouer par exemple que la colère ou la folie.

 

Quels sont les auteurs dramatiques que tu aimes ?

 

-Je ne sais pas trop. En fait Vian me va bien. Puis des pièces de théâtre il en a fait aussi. J’aime bien justement son univers qui n’est pas que joyeux. Après les auteurs classiques je ne sais pas…Pour moi Shakespeare, c’est trop. Ce n’est pas assez simple dans l’écriture. Alors franchement je ne sais pas.

 

-Un rôle c’est quoi pour toi ?

 

-C’est beaucoup de travail, il faut l’incarner lui trouver une vie. Mais moi j’aime et j’ai besoin aussi d’entrer dans des costumes pour comprendre un personnage, le vivre. Après... le personnage c’est aussi une rencontre.

 

-Quand tu joues est ce que tu sens le trac ?

 

-Je n’ai pas spécialement le trac je me dis que je suis le personnage et donc je ne pense à rien d’autre. Il s’agit plutôt d’excitation qu’autre chose. Au théâtre quand la pièce à commencé tu ne peux pas faire demi tour ! (sourire). Jouer devant un public en « live » et sentir sa réaction c’est génial et c’est cela qui me procure le plus de plaisir au théâtre. J’ai même du coup parfois du mal à sortir de mes rôles. J’adore ça.

 

-Le projet théâtral le plus fou que tu puisses imaginer ce serait quoi ?

 

-J’ai du mal à me projeter dans un autre spectacle que l’écume des jours, en ce moment. Pour moi ce projet est déjà « fou ». C’est vraiment la premières fois que l’on me propose ce genre de rôle au théâtre ! Interpréter 8 personnages totalement différents c’est énorme et j’y prends un plaisir fou. Je m’éclate quoi !! (Sourire)

 

C’est le moment où j'échange les rôles. Je demande donc à  Adrien de me poser une question…

 

-Toi qui a vu la pièce (l’écume des jours), dans quel ordre préfères tu les rôles que j’interprète ?

 

-Alors moi il y’ en a 3 que je retiens particulièrement. Ils sont plus « marquants » dans la pièce parce plus importants pour l’histoire et c’est dans l’ordre suivant : Jean Sol Partre, le médecin et le pharmacien. Jean Sol Patre, j’aime parce que la parodie est particulièrement réussie. A un moment ton personnage est dos au public et donne l’impression de regarder une foule qui vient l’écouter en conférence. Eh bien même si en réalité personne ne le regarde on a vraiment l’impression qu’il est devant une foule et qu’il la captive. C’est très fort puisque cela tu le fais de dos !! Le deuxième personnage que j’aime c’est le médecin. Tu es pour moi dans le juste décalage de l’univers de VIAN avec ce personnage qui annonce la mauvaise nouvelle à Chloé avec un certain « détachement » (sourire). Puis ton pharmacien est complètement timbré, excessif, il est surréaliste, à moitié fou et j’adore ça….Pour les autres personnages les interventions sur scène sont plus courtes alors, difficile de détailler mais ces 3 là sont l’expression de ce qui me plait dans ton jeu. A la fois « fou » et maitrisé.

 

Petite note personnelle : Si vous avez vu le film ne tentait pas la comparaison avec ce que je dis vous ne pourrez pas…La pièce est bonne, le film non !! Alors un conseil si vous avez vu le film courez voir la pièce et si vous n’avez pas vu le film, courez voir la pièce (comment ça je dis 2 fois la même chose !!)

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