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Le blog de Fabien Lizé

Le blog de Fabien Lizé

Page ou j'échange sur mes goûts dans différents domaines (Musique, Théâtre, Littérature) et où je m'entretiens avec certains artistes.


SHANI DILUKA : L'ENTRETIEN

Publié par Le BLOG de Fabien LIZE sur 27 Juillet 2016, 23:24pm

Catégories : #culture

SHANI DILUKA : L'ENTRETIEN

Shani Diluka Fait partie pour moi des grands noms de la musique actuelle. Je tiens à la remercier malgré un agenda "hyper chargé", d'avoir bien voulu répondre à mes quelques questions. Voici ces réponses simples et lucides.

-La bande son de votre enfance c'était quoi?

-La chanson de Greco « Utile », utile à vivre et à rêver…

Cela parait étrange de l’associer à l’enfance, mais c’est la source même de ce que je suis. Fruit du Sri Lanka et de Monaco, ma vision de la vie ne fut qu’un rêve, une utopie, malgré tout la source nourricière de mon besoin de musique ou d’écriture...

Cette chanson est peut être fondatrice de tous mes idéaux, que je véhicule encore aujourd’hui.

-Comment vous préparez vous pour un récital?

-Je travaille des mois sur la partition, au piano ou sur table. Je me plonge dans l’écriture du compositeur, ses inspirations, ses lectures et sa vie... De là, né un mélange subtil entre l’inconscient et l’interprète au service du compositeur: une émanation unique qui donne, à un instant donné, la magie d’un concert ou d’un disque.

-De quel autre instrument auriez vous pu ou voulu jouer?

-J’ai joué du clavecin en plus du piano, mais le violoncelle reste un instrument très profond et proche l’âme, tout comme le violon joué comme Ferras ou Kreisler. Un son qui vous touche droit au cœur!

-En tant que pianiste quel est votre répertoire favoris?

-Le répertoire allemand, car il allie l’équilibre parfait entre raison et passion, ce qui est le travail de toute une vie. La structure au service de l’émotion et des grandes valeurs humaines. Un fin équilibre entre mysticisme et culture populaire: on peut retrouver tout cela chez Schubert, Beethoven ou Brahms...

-Pressler ou Ciccolini sont des pianistes que j'aime particulièrement. Leurs carrières sont très longues. Vous imaginez vous jouer aussi longtemps?

-Ce sont des modèles de carrière et de musiciens, je les admire également infiniment. Ce sont de vrais monuments, un piano authentique, avec respect et une culture du son unique.Des vies avec leurs propres vicissitudes, leur moment de doute, mais un travail d’exigence, de respect extrêmes des textes et de profondeur d’âme, et une remise en question incessante qui les ont amenés si loin et avec tant d’humilité…Moi je ne sais pas.

- Aimeriez-vous enregistrer un album autour de la musique Sri-lankaise?

La musique sri lankaise est pleine de couleurs et d’influences diverses, pas vraiment liées culturellement au piano. Elle a ses propres sons ou instruments mais j’ai enregistré deux chansons: une comptine et une berceuse pour Didier Jeunesse dans un magnifique album de musique du monde appelé « Comptines de Rose et de Safran» (Ed. Hachette). Ce fut à ma manière un hommage « incognito » à ma culture sri lankaise...

-Quel est votre rapport au public?

C’est un rapport d’une gratitude infinie. Le public est le plus beau des miroirs, son reflet fait vivre l’âme de la musique - du cœur au cœur -, c’est la magie du concert. Sans se parler, sans même connaître la langue, parfois on se dit les choses les plus belles et on reçoit de lui les choses les plus profondes. Cela décrit la phrase de Novalis qui dit que "nous somme plus proches de l’invisible que du visible". Le public fait vivre la musique et la musique fait vibrer le public...

N’y a t'il pas plus beau partage: universel, immense et infini...

-Enregistrer Babar avec Nathalie Dessay, en quoi cela à pu être une expérience particulière?

Travailler avec Natalie Dessay est en soi une expérience exceptionnelle, unique. Elle apporte un métier et une exigence comme rarement, tout en laissant la liberté à l’improvisation et à la magie de l’instant liée à son intuition hors du commun. Elle offre un mélange subtil entre une grande humilité, une confiance en son partenaire. Cela la rend noble et si réceptive. Elle apporte également au travail une folie et une fantaisie géniale, teintée de grands questionnement, de fous rires, et de créativité. Une leçon à chaque fois et une véritable récréation de la vie en même temps! Un vrai privilège!!

-Musicalement que n'aimez vous pas?

J’aime toutes les musiques... je n’aime pas la musique complaisante, qui cherche à plaire ou tire les instincts vers le bas, tend les êtres vers une écoute automatique voire passive. La musique est faite pour rendre l’âme vivante, révéler l’émotion qui est en chacun d’entre nous, de la poésie de l’enfance à celle du moment présent ou la perception de l'avenir. On la retrouve dans la musique classique certes car l’espace temps y est propice et unique, mais aussi chez Ella Fitzgerald, Mercedes Soza ou Oum Kalthoum. Comme La Callas qui nous fait rentrer dans l’éternité!

-Quel serait votre projet le plus "fou »?

Mon projet le plus fou serait de rassembler les hommes et adoucir la société par la musique, atténuer les guerres et élever les âmes afin que les hommes ne se divisent plus, que la haine et la violence disparaissent sous les notes de Mozart ou Bach, et apaisent ainsi les âmes... C’est un projet fou, naïf ou idéaliste, mais c’est aussi le projet d’une vie, de petites gouttes dans l’océan...

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