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Le blog de Fabien Lizé

Le blog de Fabien Lizé

Page ou j'échange sur mes goûts dans différents domaines (Musique, Théâtre, Littérature) et où je m'entretiens avec certains artistes.


L'ECRITURE OU LA VIE

Publié par Le BLOG de Fabien LIZE sur 24 Décembre 2014, 12:56pm

Catégories : #culture

Photo de Georges Semprun
Photo de Georges Semprun

Jorge SEMPRUN n' a longtemps été pour moi que le nom d'un scénariste de films que j'avais aimé. Notamment: "l'Aveu" de Costa GAVRAS, "Z", du même réalisateur, et , "Stavisky" et "La guerre est finie" d'Alain RESNAIS.

C'est en lisant une biographie d'Yves MONTAND que j'ai compris que ces 2 hommes étaient amis depuis les films de GAVRAS, sur lesquels ils avaient travaillé ensemble. MONTAND l'Italien et SEMPRUN l'Espagnol avaient pour patrie de cœur La France et partageaient les mêmes valeurs politiques, c'est à dire celles du Communisme à une époque ou celui-ci véhiculait encore des idées fortes de partage. Les 2 hommes étaient immigrés et avaient fait une force de cette "fatalité".

SEMPRUN est donc né à Madrid en 1923 puis mort à Paris en 2011. C'est lors de son décès que j'ai compris l'autre dimension de l'homme. Le philosophe, l'homme politique...En effet de 1988 à 1991 il a été ministre de la Culture sous la tutelle du Gouvernement de Félipe GONZALEZ et c'est dernièrement que j'ai compris la force de ce même homme, en lisant son oeuvre "l'écriture ou la vie". Pourquoi avait il choisi ce titre? Parce que cela a été son choix après un événement terrible de sa vie. A 20 ans il fut, en effet, déporté au camp de BUCHENWALD. Les fours crématoires sont restés son plus violent et plus intime souvenir.

Ce qui m'importe dans ce témoignage écrit de SEMPRUN, au delà des faits historiques, c'est qu'il donne l'impression d'avoir puisé une force qui en a fait l'homme qu'il est devenu par la suite.

Je crois que c'est ce qu'il faut retenir de certaines personnes de cette génération. En tout cas en ce qui me concerne c'est le choix que je fais. ce qu'on lit dans le livre de SEMPRUN, C'est la manière dont l'écriture lui a sauvé la vie. Une partie de ses romans et témoignages évoquent la période de la seconde Guerre Mondiale. Ses personnages lui ont permis de prendre de la distance face à ses souvenirs mais aussi de lui redonner une raison de vivre. L'écriture pour résilience...

Dans "l'écriture ou la vie", SEMPRUN évoque aussi les moments parfois fugaces ou il a repris gout à la vie, avant de la reprendre totalement en main. De toutes petites choses lui permettaient alors de comprendre qu'il existait de nouveau. Il écrit d'ailleurs dans un passage du livre, ces quelques lignes :"- ça va mieux? m'avait on demandé. Un bonheur physique m'a envahi, un bonheur inouï, à entendre ce bruit de voix, à découvrir que cette voix avait un sens, que je comprenais parfaitement de quoi il s'agissait. Les raisons réelles de cette questions étaient obscures, c'était une question qui flottait sur un brouillard d'ignorance. Mais elle avait un sens précis, qu'on pouvait saisir avec précision"

En 1992 SEMPRUN retourne à BUCHENWALD pour témoigner lors d'un reportage sur les camps. Il se souvient de ses 20 ans et dit être nostalgique de l’énergie de ses 20 ans même dans ces lieux. C'est peut être sa jeunesse qui l'a sauvé ou bien l'erreur de l'officier allemand qui ne l' a pas enregistré comme étudiant lors de son entrée au camp mais comme stucateur. La particularité des stucateur étant qu'à cette époque les allemands pouvaient potentiellement en avoir besoin. Cette erreur d'enregistrement de l'officier allemand ne lui sera rapportée qu'en cette année 1992 lors du reportage, puisque le journaliste a fouillé les archives de la Gestapo pour retrouver la fiche de monsieur SEMPRUN.

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