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Le blog de Fabien Lizé

Le blog de Fabien Lizé

Page ou j'échange sur mes goûts dans différents domaines (Musique, Théâtre, Littérature) et où je m'entretiens avec certains artistes.


SYLVIE FAUR : L'ENTRETIEN

Publié par Le BLOG de Fabien LIZE sur 9 Février 2014, 22:39pm

Catégories : #culture

SYLVIE FAUR : L'ENTRETIEN

Sylvie FAUR est une artiste dont j'aime le travail, ses talents sont multiples c'est une graphiste sensible et également une excellente pianiste. Cette photo d'elle représente bien, symboliquement, ces différentes facettes.

Merci à elle d'avoir bien voulu répondre à mes quelques questions très simplement et très honnêtement.

- Sylvie j'aimerai savoir comment tu composes? Est ce que tu tournes autour d'une improvisation de départ ou est ce que tu as déjà une idée précise avant d’entamer la composition et que tu la développes?

- Généralement effectivement je tourne plutôt autour d'une impro. A moins d'avoir quelque chose à réaliser de très spécifique et à moins aussi que ce soit plus un instrument qui m'inspire pour sa sonorité et dans ces cas là je compose directement avec l’ordinateur, Je ne me sers pas du piano. Par exemple il m'arrive d'être inspirée juste par une percussion et un rythme.

- Quand tu crées de la musique ou que tu dessines, as tu besoin d'être dans un ambiance particulière ou un lieu en particulier?

- Disons que les lieux vont faire que le résultat pourra être différent. Ce n'est pas forcement que j'ai besoin d'un endroit particulier mais je sais que je n'aurai pas le même résultat. L'optimal étant : chez moi pour le dessin en écoutant parfois de la musique mais plutôt sans fond sonore si je veux vraiment me concentrer et pour la musique chez moi aussi et au casque. Si j'ai le droit de rêver je dirai avec un piano de concert dans une salle mais toute seule! Un STEINWAY, le piano bien sur...

- Est ce que tu sais pourquoi tu crées?

- Oui j'y ai déjà réfléchi dans le sens ou quelquefois cela s'est avéré une contrainte mais finalement c'est un besoin. Alors pourquoi je ne pourrai pas l'expliquer mais oui c'est un besoin. Puis peut être aussi qu'il y a la source de STEINER (Ecole ou les enfants apprennent différemment et ou la créativité est développée . J'ai l'impression du coup que je dois amener ma contribution à "la vie". Je ne m'imagine pas ne "rien faire". C'est un besoin et un plaisir, du coup, de mégalo, un peu le créateur fou (rires). C'est la projection de créer quelque chose comme le savant fou. Une fois l'oeuvre crée j'ai vite envie de partager ce que j'ai fait également.

- Le dessin ou la musique? As tu déjà envisagé de faire un choix?

- Bah oui! Oui parce que, jeune, je n'avais jamais envisagé le dessin comme pouvant être un métier. Par contre quand j'ai commencé la musique j'ai tout de suite était dans l'idée de vouloir m'améliorer et de la performance. Chaque étape devait être réussie (concours, auditions...). Mais plus que pour le plaisir de la réussite, je dirai, plutôt celui de bien faire. J'ai même fait avec le sport à un moment donné. La musique j'ai toujours aimé cela et quand j'ai fait le choix du piano, je me suis dit : "ça y'est c'est parti" (rires) Du coup il me semblait que cela pouvait me donner un métier. Encore que... J'avais la "malchance" d'être pianiste et le piano n'est pas un instrument d'orchestre. J'avais donc moins de chance de travailler en tant que concertiste. Soliste pour moi, c'était la crème de la crème. Moi j'ai commencé le piano à 12 ans donc déjà c'était presque trop tard. Après qu'est ce qui s'offrait? Prof de musique! Je n'en avais pas du tout envie. Là je n'avais pas forcément envie de faire partager mais bien de créer. Finalement je me suis orientée en musicologie, en fac. Là ça m'a fait "chier". C'était "anti-création"! J'avais l'impression d'être gavée. Du coup je suis retournée vers le dessin qui été mon seul échappatoire pour continuer à être "créative". Au piano, ce n'était que de l'interprétation ou le fait de s'adapter à quelque chose que quelqu'un a déjà crée. Le dessin était le seul moyen de créer quelque chose par moi même. Au piano, lorsque je composais, au départ, je n'en en imaginais même pas la possibilité tant je trouvais cela mauvais. Finalement je me suis libérée de cette idée et j'ai fini par vraiment composer. Au bout d'un long moment, là, la démarche est devenue à celle que j'avais avec le dessin. J'ai donc trouvé ma créativité dans les 2. Mais pour autant, je ne pourrai choisir, les 2 sont complémentaires.

- Si tu n'avais pas appris le piano, vers quel autre instrument serais tu allée?

- De toute façon je n'ai pas eu le choix. Ma mère a acheté un piano un jour et c'était pour moi. En fait j'adorais la musique et à l'école, l'instrument, c'est la flûte! Ma mère détestait la flûte donc... du coup...Puis elle me voyait souvent jouer chez la voisine qui avait un piano. Puis quand ma sœur partait pour ses cours de violon moi je trépignais! mais vraiment j'aimais tellement la musique que j'aurai pu jouer de n'importe quel instrument.

- Musicalement est ce qu'il y a un style que tu n'aimes pas, et pourquoi?

- Oui. Je n'aime pas écouter la musique Baroque. J'aurai du mal à te dire pourquoi. En fait, si. Il y a bien des raisons harmoniques. Mais en fait je trouve ça creux. C'est horrible de dire ça! Pour moi c'est trop codé. BACH pour moi c'est le seul lien avec le classique. Mais oui après j'aime des romantiques comme BEETHOVEN par exemple. J'aime BACH mathématiquement mais pas comme certains qui ont envie de pleurer. J'ai jamais envie de pleurer en écoutant du Bach. Je n'aime pas trop non plus une certaine branche de la Techno, qu'on peut parfois entendre en boite (là j'ai le droit à une imitation sonore d'un réalisme presque parfait). ça m'énerve (je précise que moi aussi).

- Qui sont les dessinateurs et les peintres qui seraient tes grandes références?

- Chez les dessinateurs ce serait MUCHA parce que j'aime bien le coté réaliste et la mise en page puis le coté féminin. En musique j'aime BRAHMS et SCHUBERT. J'aime aussi le jazz mais mon éducation musicale est plus classique. Mon père écoutait beaucoup de classique ma mère écoutait peu de musique en fait. Alors si, en jazz les 2 "génies" pour moi c'est PETRUCIANNI et PETERSON. C'est le toucher pas forcement les compositions. Tu les reconnais!!

- Dans certains de tes dessins je vois un lien avec l'enfance. Est ce vrai?

- C'est parfois évident puisque pour certaines commandes j'ai illustré des contes pour enfants. Quand j'ai commencé à dessiner professionnellement, c'est vrai que j'aimais un univers féerique dont je me suis quand même écartée par la suite. Aujourd'hui j'ai plutôt des univers parallèles, poétiques. En ce moment je dessine beaucoup et là j'ai l'impression d'être dans une vraie unité, un lien même si les sujets à traiter sont différents.

- En tant qu'illustratrice, tu travailles comment les sujets et les personnages?

- Quand c'est de l'illustration de contes pour enfants je ne tiens pas compte de l'auteur que je ne connais pas. Je reçois le manuscrit et à la lecture me viennent des images directement. Alors Je cherche à me rappeler ce qui me plaisait quand j'étais petite. C'est très personnel mais moi par exemple je n'aimais pas que l'on se "foute de ma gueule" (rires). Oui parfois j'avais ce sentiment devant certains livres. Je me disais c'est pourri, c'est mal dessiné. Alors j'évite ça! J'aimais bien les dessins très "vrais".

La question de Sylvie :

- Pourquoi toi qui es passionné par la musique n'as tu pas déjà fait plus de choses en ce sens? Je sais tout de même qu'aujourd'hui tu chantes mais...

Ah! Comment répondre à cette question... Il n' y a pas que la musique qui me passionne mais aussi le théâtre. Bon bah clairement je crois que j'ai manqué de courage. Je crois que si j'avais suivi le parcours qui m'était destiné (ce n'est pas forcement une histoire de destin) les choses pouvaient êtres évidentes mais je suis passé à coté. Le théâtre est un lieu ou j'ai l'impression que je peux tout faire, tout dire. J'étais un ado hyper réservé et je crois que c'est pour ça que je n'ai pas assumé certaines choses qui pourtant me plaisaient. Je ne m'en reconnaissait pas le talent. Aujourd'hui je me laisse de nouveau apprivoiser par ces pratiques là et on verra!

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